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PROPOSITIONS DE SORTIE DE CRISE DE HAMROUCHE

"Comment doit contribuer L'armée"

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Par le Hirak, les Algériens ont exprimé un refus sans ambiguïtéPar le Hirak, les Algériens ont exprimé un refus sans ambiguïté

Il reste à cette institution «de participer au parachèvement de l'édification de l'Etat national...».

L'ancien chef du gouvernement, Mouloud Hamrouche, a qualifié l'«impressionnant» mouvement populaire, dans sa contribution, intitulée «Impasses, menaces et issues» publiée hier par El Watan et El Khabar, d'une «révolte pacifique et austère contre le système». En guise de sortie de crise, il a proposé à l'armée, qui s'est positionnée au côté du peuple de contribuer à la mise en place d'une nouvelle Constitution et d'institutions. «Il faut considérer que le commandement(militaire) en rejoignant le peuple dans ses revendications légitimes a su sauvegarder le statut national de l'armée. Il lui reste à contribuer au parachèvement de l'édification de l'Etat national par la mise en place d'une Constitution et d'institutions, de vrais pouvoirs d'autorisations, de régulations, d'habilitations et de contrôles», a-t-il proposé. Hamrouche révèle que «le Hirak pacifique, (...) ait empêché une confrontation sanglante entre clans par l'intermédiaire des réseaux d'allégeance et d'obédience. Et par son ampleur unitaire, il a évité à l'armée d'intervenir et de garder sa cohésion intacte».

Toutes les contributions, sans effets
Il a souligné qu'«à vrai dire, la question est de savoir quel est l'effort à faire pour se libérer d'un système qui a stérilisé la gouvernance, dilapidé les ressources du pays, confisqué la liberté de la société et hypothéqué son devenir (...). Mais il serait primordial d'obtenir des tenants du système, de l'armée et des partis un accord, sur le schéma final de l'organisation de l'Etat et ses pouvoirs régaliens, la place de l'armée comme structure étatique de défense et de sécurité, la forme démocratique de gouvernement, de contrôle politique et institutionnel qui seront en oeuvre à l'avenir».
Il a jugé que «les contributions et suggestions avancées et proposées par nos politiques, penseurs, experts et exégètes sont dignes d'intérêt, mais restent sans effet». Il a fortement critiqué le «multipartisme de façade et de connivence, qui ne structure jamais un débat national ni un ordonnancement des rapports sociaux et politiques...». «Pire, il ne fait que se nourrir de fiction électorale, organique et organisationnelle. Ces fictions ôtent toute espèce de représentativité, de représentation et privent toute politique de tout contenu et de toute possibilité de mise en oeuvre». «Par le Hirak, les Algériens ont exprimé un refus sans ambiguïté de ce système de cooptation, de non-droit, de corruption et de brutalité. Cela est clair. Ce système de fausse gouvernance et de vraie omnipotence puise richesses et potentialités du pays et réduit à néant un projet national pour lequel tous les constituants algériens avaient contribué au prix fort par leur sang et leurs souffrances pendant la guerre et en privations durant la période post-libération», a-t-il soutenu. «Ce mouvement qui a investi toutes nos villes et tous nos villages a mis à nu des ambiguïtés graves et offert dans le même temps à l'armée et aux partis des possibilités certaines. Ce mouvement du peuple attend d'eux des perspectives prometteuses avant qu'il ne s'estompe ou sombre dans des violences primaires.»

Le prolongement politique, responsabilité de l'armée et des élites
«Une mobilisation populaire, quelles que soient sa dimension et sa profondeur, ne donnera pas facilement de prolongements humains, politiques et institutionnels...». Cela reste de la responsabilité et du devoir de l'armée et de toutes les élites nationales!», est-il relevé. «Le Hirak du 22 février a déjà disqualifié les fausses réalités d'un pluralisme fictif et fait découvrir d'incroyables handicaps et de grands vides politiques. Il a en même temps provoqué de vraies opportunités et de réelles chances pour notre pays», a-t-il fait savoir. Il est convaincu qu'«il serait exagéré de croire que la démission de Bouteflika, la désignation du chef de l'Etat intérimaire, l'organisation d'une présidentielle vont colmater toutes les failles, faire disparaître tous les griefs, soigner tous les stigmates et concrétiser toutes les espérances». Cela, conclu-t-il «risque de nous faire perdre de vue des leçons précieuses de l'histoire de notre jeune gouvernance à l'algérienne qui nous a conduits là où nous sommes aujourd'hui et nous faire oublier de ruineux gaspillages, en temps, en ressources humaines et financières».

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