Accueil |Nationale |

L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE TOTALEMENT COMPROMISE

Les signes d'une impasse politique

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

Ce rejet hermétique est déjà en lui un signe avant-coureur d'une impasse politique inédite.

La scène politique se transforme de plus en plus en un espace d'antagonisme franc et qui risque de devenir frontal. Le sommet du pouvoir se livre à un jeu très dangereux et gravissime, alors que la société à travers la rue amplifie la cadence de la mobilisation multiforme. Que ce soit par les marches, les sit-in ou les grèves et les rassemblements caractérisés par l'implication active et massive des corporations professionnelles et les syndicats dans la perspective de faire tomber les symboles du régime qui se maintiennent au niveau de la pyramide de l'Etat à l'image de chef de l'Etat provisoire, Abdelkader Bensalah, le Premier ministre, Noureddine Bedoui et le président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaïz. Il s'agit d'un rejet hermétique de ce système incarné par ses symboles qui constituent un véritable blocage et impasse quant à un changement tel qu'exigé par la majorité du peuple qui ne décolère pas et maintient intacte sa mobilisation malgré les tentatives visant à le saborder à travers des provocations multiples et la répression policière qui commence à faire tache d'huile au sein de la société et au niveau médiatique. L'enjeu se présente comme un véritable dilemme, puisque les tenants du système ne veulent pas comprendre que l'heure de la fin du régime a sonné et que l'Algérie est entrée de plain-pied dans une autre ère, celle de l'Algérie libre et démocratique. Le statu quo est maintenu par le jeu malsain d'un clan qui fait dans la résistance en croyant que la dynamique populaire qui s'est déclenchée le 22 février pourrait connaître des déboires qui aideront l'essoufflement de ce mouvement lequel sera réduit telle une peau de chagrin au profit d'une contre-révolution qui attend aux aguets pour qu'elle puisse réaliser son oeuvre perfide et pernicieuse, à savoir le redéploiement par tous les moyens possibles y compris par l'usage de la violence et des provocations susceptibles de déclencher une situation incontrôlable et aux conséquences dramatiques.
Ce jeu est contré par la rue et les corporations professionnelles dans une synergie qui montre on ne peut mieux que la mobilisation ne faiblit pas, mais mieux encore, elle prend de plus en plus de l'ampleur et de la détermination pour déjouer les stratagèmes macabres des tenants du pourrissement et du maintien du statu quo.
Il est de notoriété politique que quand un mouvement populaire se dresse massivement et continuellement contre un ordre établi qui ne tient pas compte de l'aspiration au changement, dictée par ce mouvement populaire, le résultat est connu d'emblée, c'est l'impasse et le chaos. Mais le bon sens des vrais protagonistes qui détiennent les clés de la gestion des institutions de l'Etat et de sa pérennité ne tolère pas cette situation d'impasse et ils devraient agir en synergie avec les appels d'un peuple avide d'une ère nouvelle faite d'un changement qui consacrera un ordre nouveau en rupture totale avec l'ancien mode de gestion, le moins que l'on puisse dire, obsolète.
Tenir une élection présidentielle dans un contexte aussi délicat et persister dans une logique de frénésie dont tout le monde connaît ses tenants et ses aboutissants, cela s'appelle de l'ankylose et de l'obstination pour faire prévaloir un scénario du chaos qui ne pourrait être que désastreux pour la République et la cohésion de l'Etat national.
La majorité des maires à travers plusieurs wilayas affiche clairement son rejet d'acquiescer et de participer aux préparatifs de l'élection présidentielle version Bensalah. Ce rejet hermétique est déjà en lui un signe avant-coureur d'une impasse politique inédite. Ce qui renseigne sur le devenir de cette échéance qui sera réduit à sa juste expression celle de «mort-né». Cette mobilisation des corporations professionnelles, la société civile, les partis politiques et les élus au niveau des assemblées hostiles à une énième mascarade électorale, montre que l'enjeu est grand et que les solutions doivent être trouvées illico presto pour éviter au pays le pire. Etant donné que la crise est politique par excellence, il va falloir songer à mettre en place une forme consensuelle qui s'érigera en instrument capable d'assurer une transition qui saura dégager des mécanismes susceptibles d'opérer le processus de changement tant escompté par la majorité du peuple.
L'institution militaire doit entamer la concertation avec l'élite politique pour envisager en urgence une forme présidentielle concertée qui aura à assumer la tâche délicate de la gestion de la transition, mais cela ne peut se faire sauf si les symboles du système partent définitivement.

Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha