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DÉFIS ÉCONOMIQUES ET TRANSITION POLITIQUE

De quoi sera fait demain?

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création d'au moins 3 millions de PMEcréation d'au moins 3 millions de PME

Le plus grand défi, et le plus urgent, demeure la diversification des sources de revenus, de façon à tirer l'économie nationale de la dépendance des hydrocarbures.

Dans l'ombre de la révolte populaire du 22 février qui a abouti à la démission du président, et au départ du gouvernement Ouyahia, la situation économique du pays entre dans une phase critique, sous la gouvernance d'un nouveau gouvernement, chargé uniquement de conduire les affaires courantes. Alors que sur le terrain, de grands chantiers et programmes de développement ont été lancés, certes dans la tempête, mais nécessitent néanmoins, le suivi et l'appui des pouvoirs publics. Il s'agit notamment de déploiement de l'activité du commerce extérieur, marquée par le début d'apparition de nos produits sur les marchés internationaux, de multiples réalisations en infrastructures à l'image, des programmes de construction de logements, de la réalisation, en cours, du grand port-centre de Cherchell, du nouvel aéroport international, et le développement de l'industrie automobile pour ne citer que ceux-là. Auxquels s'ajoutent les différents partenariats et accords signés par les grandes entreprises du pays, induits par le bal des ambassadeurs et des ministres des pays qui ont vu dans l'Algérie, une opportunité en or, pour le développement de leurs économies. Et ce sans parler de la transition énergétique et du programme de production de l'énergie solaire à l'horizon 2035. Cela étant le plus grand défi et le plus urgent, demeure la diversification des sources de revenus, de façon à tirer l'économie nationale de la dépendance des hydrocarbures. A ce sujet les experts sont unanimes, la relance de l'économie est étroitement conditionnée par la création d'au moins 3 millions de PME. C'est ce qui permettrait de prétendre à l'émergence d'une économie productive et de compétitivité. A ce sujet, le professeur d'économie et vice-président de l'université, Paris-Dauphine, El Mouhoub Mouhoud, explique: «Le premier défi, celui de la diversification de l'économie et de l'employabilité des diplômés, un investissement dans une véritable stratégie en direction des diasporas algériennes en Europe, en Amérique du Nord devrait permettre de mieux bénéficier de la fuite des cerveaux anormalement élevée en Algérie.» A cela s'ajoute l'autre grand chantier, dont le lancement a donné du fil à retordre aux différents gouvernements qui se sont succédé, en l'occurrence, l'application de reformes profondes dans tous les secteurs. sans lesquelles, aucune vision sur un nouveau modèle de gestion de l'économie ne sera possible, et permettront de libérer les énergies productrices, longtemps réduites à néant, sous une gouvernance bancale. A cela s'ajoute l'impératif d'accentuer la lutte contre la corruption, de réduire le taux de chômage, qui sont devenus les véritables défis qui se mesurent au quotidien. A ce sujet, le professeur Mouhoud souligne dans son analyse publiée le 1er mars 2019, qu'«En Algérie, la valse des Premiers ministres depuis l'été 2016 et le retour à ce poste de M. Ouyahia, ont marqué un choix de procrastination devant les réformes.
Les autorités ont mis en place une stratégie nouvelle pour faire face à l'érosion des réserves de changes et à l'épuisement du Fonds de régulation des recettes des hydrocarbures depuis 2016». Et d'ajouter: «Des propositions existent pour développer des modalités de transfert des recettes pétrolières à la population, après la correction nécessaire des déséquilibres actuels par exemple: la création d'un véritable fonds de stabilisation, et d'un fonds d'accumulation pour améliorer l'équité intergénérationnelle; la réorientation d'une partie des recettes vers des entreprises productives grâce au secteur financier intérieur, ou sous la forme de taux réduits de l'impôt, afin d'améliorer la création d'emploi dans le secteur privé formel déficient dans la plupart des pays de la région...» Ceci étant, devant les grands défis économiques qui attendent l'Algérie, la tâche du gouvernement Bedoui s'annonce plus que difficile.
Les entraves que rencontrent les actuels ministres, à effectuer de simples visites de travail dans les wilayas, témoignent fortement de la résistance qu'oppose le peuple, autant à la nouvelle composante de l'Exécutif, qu'à l'option d'une période de transition, dont l'issue serait l'organisation de l'élection présidentielle en juillet prochain.

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