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GRÂCE À LEUR DÉTERMINATION FACE À LA RÉPRESSION

Les étudiants libèrent la Grande Poste

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Ils ont arraché avec un mérite incontournable, la qualification de gardiens de la révolution...

L'appétit vient en mangeant. Ils ont commencé timidement, presque anarchiquement, puis vient l'organisation qui laisse place au génie créatif. Les étudiants algériens impressionnent le monde. Le mot n'est pas exagéré. De jour en jour, ils reviennent avec de nouvelles idées plus surprenantes. Depuis le premier mardi, les étudiants ont choisis leur camp et ont brisé le mur de la peur. Ils ont marché et scandé haut et fort «système dégage»! Ils représentaient un véritable danger pour un système malade en phase terminale. Leur engagement est venu donner un symbole à une révolution en marche. Leur masse et leur détermination ont fait peur à la tutelle qui a ordonné la fermeture de toutes les résidences universitaires pour étouffer leur mouvement. Hélas, cette décision n'a fait que jeter de l'huile sur le feu. C'était la provocation de trop. Et de là les étudiants sont devenus le maillon fort d'une révolution pacifique. Les pratiques de provocations et les magouilles du système n'ont fait que compliquer la situation et booster la jeunesse à prendre son destin en main. Cette jeunesse tant méprisée et marginalisée a libéré les espaces publics interdits à la population. Ce mardi, le nombre d'étudiants a presque doublé. Ils sont venus des quatre coins des universités pour occuper et récupérer ce qui leur appartient «la rue». Face à leur détermination, les services de police ont fini par se retirer et céder. Ils ont arraché avec un mérite incontournable la qualification de gardiens de la révolution. «Je rappelle que la pression qu'ont maintenue les étudiants a obligé la tutelle d'annuler sa décision de fermer les résidences universitaires», souligne un enseignant de droit, tout fier de cet acquis arraché par de jeunes étudiants, fraîchement formés en politique. Les évènements s'enchaînaient rapidement, et seul l'étudiant donnait espoir à l'incertitude. «Pour le 8ème mardi consécutif, les étudiants continuent à nous surprendre, nous avons beaucoup de choses à apprendre d'eux», ajoute le même enseignant. Pour lui, ils s'organisent et s'adaptent rapidement aux évènements. «Les vacances forcées n'ont fait qu'ordonner les choses pour les étudiants, qui se sont organises pour s'adapter au nouvelles situations. Le système voulait s'en débarrasser en les envoyant chez eux, il est tombé dans son propre piège», indique un autre enseignant de sciences politiques... Le constat est qu'aujourd'hui, la majorité des étudiants se sent concernée par ce qui se passe dans le pays. Cette masse populaire qui représente les 70% de la population est comme un butin de guerre retrouvé, dans cette révolution. Ils ont arraché ce mérite et redonné à l'Université algérienne sa véritable place. «L'Université algérienne a produit une élite, des cadres et des gens engagés qui ont participé et participent aujourd'hui, à la construction de l'Algérie, chacun dans son domaine», avait indiqué un politologue récemment à L'Expression. Ce dernier, a démenti catégoriquement le non-engagement politique des étudiants. Ce Hirak, a redonné un autre visage aux jeunes, souvent jugés par de faux clichés. A présent, le mardi est un jour très spécial pour les étudiants, «une promesse». Leur participation traduit une augmentation constante tout au long de la semaine. Même la répression policière ne les a aucunement découragés puisqu'ils sont de plus en plus, plus nombreux.

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