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EN ATTENDANT LES NOMS, GAÏD SALAH A PARLÉ DE «MILLIERS DE MILLIARDS»

On a volé votre argent!

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L'argent du citoyen, autant que l'Algérie, est une «ligne rouge» à ne pas franchirL'argent du citoyen, autant que l'Algérie, est une «ligne rouge» à ne pas franchir

Le peuple a le droit de connaître ceux qui l'ont saigné à blanc et d'exiger justice.

Oui c'est une mafia! C'est une poignée d'individus qui a dilapidé les richesses du pays et qui a pillé les deniers publics. Ce constat a été fait par le citoyen lambda, depuis fort longtemps déjà. Le fait d'être reconnu publiquement par le général de corps d'armée, Ahmed Gaïd Salah, dans son discours mardi dernier, prouve que le mouvement de protestation populaire qui secoue l'Algérie depuis le 22 février dernier, enregistre déjà ses premiers acquis. Mais ce n'est pas suffisant. Lorsqu'une personne se fait voler, elle se présente à la justice pour reprendre le bien qui lui a été illégalement subtilisé. Et dans ce cas précis, c'est tout un peuple qui s'est fait voler et violenter. En parlant de «certaines personnes ayant bénéficié indûment de crédits estimés à des milliers de milliards», le général de corps d'armée n'a certainement pas parlé sans avoir eu les preuves irréfutables de ce qu'il a avancé. Cependant, il faut le reconnaître: Ahmed Gaïd Salah a très peu dit. Certes, l'institution militaire n'a pas à se substituer à la justice, mais c'est de son devoir, en protégeant le peuple et l'Algérie, de dénoncer nommément et publiquement les traîtres de la patrie. Le citoyen n'est pas naïf ni aveugle et connaît déjà une grande partie de l'oligarchie concernée par le discours du chef d'état-major. Il a d'ailleurs été le premier à lancer l'alerte sur les transferts illicites de capitaux vers l'étranger. Il a très vite été suivi par de nombreuses personnalités publiques qui ont fait part de leurs craintes et ont interpellé les autorités compétentes à agir avant qu'il ne soit trop tard. L'arrestation de Ali Haddad, l'ex-patron des patrons (Forum des chefs d'entreprise) à la frontière algéro-tunisienne et sa mise à l'ombre, a laissé penser que les choses ont été prises en charge. De même que la convocation de six hommes d'affaires par la gendarmerie de Bab Djedid, le dépôt de plainte contre certains hauts responsables à l'exemple du P-DG de Sonatrach ou encore le lancement de perquisitions dans certains ministères et organismes (Travaux publics et des Transports, Sonatrach, OEuvres universitaires...). Mais la réaction de la banque d'Algérie qui a affirmé que les informations faisant état de fuites de capitaux vers l'étranger, ne sont que «de simples rumeurs dont l'objectif est de semer le trouble», tout en rappelant la «réglementation et les conditions drastiques» de telles opérations, n'est pas du tout rassurante. Car, la banque d'Algérie semble oublier que cette même réglementation et ces mêmes conditions drastiques, en des temps beaucoup plus cléments, ont déjà permis la sortie de 7 milliards de dollars en 2015, selon le rapport du Global Financial Integrity. Qu'en serait-il alors en cette période pleine de doutes où les têtes d'affiche de la corruption sont tentées de quitter le pays emportant «coffres et bagages»? Beaucoup de rumeurs sur des hommes d'affaires ou des hommes politiques et leurs familles ont circulé sur les réseaux sociaux, affirmant que ces derniers ont été refoulés, alors qu'ils tentaient de quitter le pays. De même que sur l'instruction qui a cloué au sol leurs avions privés. Il s'est avéré, par la suite, qu'il ne s'agissait pas de rumeurs puisque le chef d'état-major de l'ANP l'a confirmée dans un de ses discours. Il a aussi confirmé les tentatives de fuite de capitaux et l'établissement d'une liste concernée par l'interdiction de sortie du territoire national, appelant les hommes de loi à mener des enquêtes et à rouvrir les anciens dossiers de corruption. Une liste noire des membres de la «bande de malfaiteurs» a circulé sur les réseaux sociaux. Mais pas seulement. Les dénonciations «facebookiennes» portant sur la richesse indécente des nouveaux «Bill Gates» algériens sont légion. Pour certains d'entre eux, il est fait état, dans le détail, de prêts faramineux (15.000 milliards, 1000 milliards...) accordés par les banques, sous prétexte d'investissements. Il est fait état aussi de leur Porsche Cayenne ou encore Panamera et Jaguar. Et ces nouveaux riches algériens, sortis de nulle part, n'ont pas hésité, il faut le rappeler, à claquer leur argent et mener un rythme de vie qui frise, dans certains cas, l'insolence. Il n'est pas utile, aujourd'hui, de se demander pour quelle raison ils n'ont jamais été inquiétés sur l'origine de leur soudaine richesse, car tout le monde connaît la réponse à cette question. Mais il est primordial aujourd'hui de permettre au peuple de leur demander des comptes. Et pour ce faire, il doit les connaître. Une liste de tous ceux qui ont baigné dans la corruption doit être rendue publique. Leurs biens et leurs comptes bancaires doivent être saisis. L'argent du citoyen, autant que l'Algérie, est une «ligne rouge» à ne pas franchir.

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