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La révolution fait-elle sa mue?

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Les démissions, les conférences et les tête-à-tête au sein de la sphère partisane n'alimentent plus la ferveur des Algériens.

Les marches imposantes font désormais partie du paysage social algérien. A ce 9e vendredi de mobilisation, il était impossible d'imaginer un autre scénario, devenu désormais un élément constant du décor politique national. Les citoyens marquent ainsi leur détermination à ne rien lâcher. D'ailleurs, au vu des slogans, de l'audace des hommes et des femmes qui ont «enjambé» les menaces à peine voilées d'un vendredi plus difficile que les précédents et du contexte politique ayant précédé la mobilisation d'hier, force est de constater que le mouvement populaire a visiblement pris la résolution de ne plus commenter les actions et les initiatives des décideurs.
En un mot comme en mille, les démissions, les conférences et les tête-à-tête au sein de la sphère partisane n'alimentent plus la ferveur des Algériens. Ils ne sont plus à réagir à la Présidence de l'Etat ou à l'état-major de l'ANP. Les marches d'hier, qui semblaient «routinières», alors que les observateurs attendaient une démonstration de force de la rue, dans une logique de bras de fer entre les tenants de la solution constitutionnelle, même aménagée et la population, traduisent une mue significative du mouvement populaire dans le sens d'une posture transcendant les petits calculs politiciens des uns et des autres.
Il semble que les Algériens dans leur majorité ont délivré leur propre message aux décideurs et au personnel politique, celui de ne plus se suffire de suivre la tactique de l'un et les manoeuvres de l'autre. Le peuple ne veut plus négocier. Il l'a clairement dit, hier.
Les articles de la Constitutions, triturés à longueur d'antennes dans d'interminables émissions de chaînes de télévision n'ont plus de sens pour les Algériens qui les ont appris à force de les entendre répéter à tout bout de champ.
Il n'y ont pas véritablement cru, mais ont joué le jeu de «la solution qui préserve l'Etat» et ont fini par comprendre que les décideurs manquaient un peu de volonté d'aller franchement vers la satisfaction de la volonté du peuple souverain. Ils ont également déduit que les leaders de partis et autres personnalités politiques de l'opposition qui ont surfé sur la vague historique, se sont, eux aussi, projetés à l'après-transition, sachant que celle-ci risquait d'être un piège à leur ambition «légitime» de prendre le pouvoir.
Le constat d'impasse que tout le monde fait après la chute d'un seul «B», son remplacement par un «inodore» magistrat et l'annonce d'une consultation mort-née, n'est pas passé inaperçu, dans la rue algérienne. Et au lieu de commenter les échecs répétés des politiques et les inconséquences de la présidence intérimaire, la population a pris la résolution de rester sourde à ces solutions de replâtrage, préconisées par les uns et les autres. La révolution a changé de carburant. Elle est alimentée par la seule volonté des «révolutionnaires».

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