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DES MILLIONS DE CITOYENS MANIFESTENT DANS LA JOIE POUR LE DÉPART DU SYSTÈME

La neuvième symphonie algérienne

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Une détermination à toute épreuveUne détermination à toute épreuve

Les services de sécurité ont changé de méthode en mettant de côté la répression, mais en maintenant la pression. Chose qui n'a pas fait reculer un Hirak déterminé à chasser toute la «Issaba» mafia).

Les Algériens ne lâchent rien! Pour le 9ème vendredi consécutif, ils étaient encore une fois des millions à envahir les rues des quatre coins du pays pour réclamer le départ des symboles du système. L'acte IX du Hirak a donc été une nouvelle fois historique avec une mobilisation qui ne faiblit pas, sinon plus importante que les dernières semaines. Pourtant, tout laissait croire à un début de démobilisation avec le retour du mauvais temps, mais surtout la pression des forces de l'ordre. Comme la semaine dernière, les forces de sécurité ont commencé à mettre la pression sur la population dès jeudi. Ils ont «ralenti» tous les accès vers la capitale, provoquant des embouteillages monstres à Alger et sa périphérie! Néanmoins, cela n'a fait que «pousser» les habitants des wilayas limitrophes de la capitale à prendre leurs précautions en venant la veille. «Walah marana talgine hata irouhou gaà» (on ne lâchera rien jusqu'à ce qu'ils partent tous)», chantaient-ils en choeur et avec joie en direction des gendarmes et policiers qui les arrêtaient tous les 100 m. Ainsi, plusieurs centaines de personnes ont déjà mis l'ambiance la veille, en défilant jusqu'à tard dans la nuit dans les rues d'El Bahdja. On s'attendait alors à un réveil «explosif», le lendemain, tel que les semaines précédentes. Toutefois, en cette triste matinée du vendredi, Alger avait du mal à se remplir. On apercevait quelques petits groupes en train d'essayer de maintenir le cap du Hirak. Est-ce une démotivation?

Pression, mais pas de répression
«Non, non et non», répondent les groupes qui arrivent au compte-gouttes. «On a vécu l'enfer», pestent-ils, en expliquant que des barrages filtrants, pour ne pas dire «bloquants», étaient positionnés à toutes les entrées d'Alger. Il fallait compter plus de 4h entre Tizi-Ouzou et Alger (100km) ou plus de 1h30 entre Rouiba et Alger (24 km). Polices ou gendarmes ou les deux en même temps ont place des dizaines de nouveaux barrages qui laissaient passer les voitures une par une! «El Mahroussa» n'a jamais aussi bien porté son nom. Le déploiement de camions antiémeute, les URS et les agents leurs gilets pare-balle donnaient une impression de...guerre! Néanmoins, ces attaques psychologiques n'ont en rien touché à la «silmiya» de la révolution du Sourire, ni même à sa détermination! Ces pressions n'ont fait que retarder l'inévitable, à savoir une marée vert rouge et blanche qui déferle sur le pays. À l'exemple d'Alger où à 14 h, toutes les artères se sont remplies d'un seul coup, d'une foule compacte. Hommes, femmes, de tous âge et catégories confondus, étaient une nouvelle fois rassemblés pour «l'avenir du pays et le départ de la mafia». Même l'alerte à la bombe signalée au niveau du tunnel des Facultés ne les a pas fait reculer! Au rythme des chansons du Hirak et des slogans hostiles au pouvoir, ils observeront la police scientifique qui avait fermé ce tunnel emblématique du mouvement du 22 février. La marche dans ce qui a été rebaptisé «Ghar Hirak» n'a pas eu lieu, mais elle n'a pas empêché cette nouvelle fête du changement. Drapés de l'emblème national ou écharpes aux couleurs nationales autour du cou ou sur la tête, les manifestants scandaient des slogans appelant au changement radical et au départ de tout le système.

Déterminés, solidaires et surtout pacifiques!
Les «3 B (Bensalah, Belaïz et Bedoui) dégagez» a été remplacé par les «2 B + F dégagez» (après le départ de Belaïz de la tête du Conseil constitutionnel et son remplacement par son adjoint, Fenniche. «Le peuple refuse Bensalah, Bedoui et tout le système», «Nous voulons une élection libre et transparente après le départ du système», «Le seul guide de l'Algérie c'est le peuple», étaient parmi les slogans que l'on pouvait lire, sur les banderoles et les pancartes, revendiquant également une période de transition. L'arbitrage de l'ANP a aussi été réclamé avec des «Ya Gaïd Salah, hawez Bensalah», scandé par la foule qui n'a pas omis de réaffirmer de rendre hommage à l'Armée nationale populaire (ANP), tout en entonnant comme à l'accoutumée «Djeich-chaâb khaoua khaoua». Ils ont également scandé des slogans exprimant leur attachement à l'unité nationale et réaffirmant que «la souveraineté appartient exclusivement au peuple». Un «chaàb» plus magnifique que jamais puisqu'afin d'éviter l' «infiltration» de «baltaguias» des bénévoles se sont mobilisés. On pouvait les reconnaître avec leurs gilets oranges. Avec l'aide d'autres manifestants, ils se sont arrêtés au niveau de la place Maurice Audin sous les «youyous» et les applaudissements de la foule. La grosse mobilisation d'hier, est un message fort de la part de la rue aux dirigeants.«Nous restons mobilisés et pacifiques», criaient les manifestants entre deux slogans anti-pouvoir. Cela pour dire l'esprit dans lequel baigne le mouvement populaire qui ne «lâche rien!»...

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