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SUCCESSION DE SCANDALES FINANCIERS EN ALGÉRIE

L'impunité sera-t-elle enfin bannie?

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Abdelmoumène KhalifaAbdelmoumène Khalifa

Pour le citoyen, de nombreuses affaires déjà jugées n'ont toujours pas livré tous leurs secrets. Faut-il rappeler les procès au goût d'inachevé d'El Khalifa, Sonatrach, l'autoroute Est-Ouest ou encore les milliers de milliards de Achour Abderrahmane, Bcia, Générale des concessions agricole...

L'existence de la corruption est un secret de Polichinelle pour le commun des Algériens. Ce dernier vit au rythme des scandales révélés au grand jour régulièrement par la presse nationale. Qui n'a pas en mémoire les scandales financiers qui ont éclaboussé l'histoire du pays depuis son indépendance ou encore le nombre de commissions d'enquête mises en place et dont les rapports n'ont jamais quitté les tiroirs de ceux qui les ont élaborés? Un état de fait qui n'a pas manqué de susciter l'ire du citoyen. Ce dernier, qui ne s'est pas encore expliqué le scandale d'El Boucher, Sonatrach, El Khalifa, l'autoroute Est-Ouest ni celui de plus de 2 000 milliards de Achour Abderrahmane ou encore la Bcia, la Générale des concessions agricole, l'EnapaL, la BEA, l'Oref, l'or irakien...s'est toujours demandé si ceux qui étaient à l'origine des scandales sont au-dessus des lois. Il a d'énormes incompréhensions devant le traitement de ces affaires par la justice. Il ne comprend pas pour quelle raison certains scandales, où sont impliquées de grosses pointures, n'arrivent jamais devant le juge. Ces affaires prennent des chemins procéduriers complexes dans les couloirs impénétrables de la justice, jusqu'à en oublier leur existence. Pour lui, de nombreuses affaires déjà jugées n'ont donc toujours pas livré tous leurs secrets. Faut-il rappeler le procès au goût d'inachevé d'El Khalifa dont le préjudice, selon le liquidateur du groupe, s'élèverait à trois milliards de dollars. La condamnation d'une centaine de personnes n'a pas permis de lever le voile sur les vrais coupables de l'arnaque du siècle. Faut-il encore rappeler les «j'assume», «c'est un complot» ou encore «je suis victime d'un lynchage médiatique commandé», lâchés par certains hauts responsables en poste alors que des opérations frauduleuses ont été menées à El Khalifa Bank. Ces responsables n'ont jamais été inquiétés. Les raisons? Personne ne pouvait à l'époque s'aventurer à en donner. Le procureur de la République s'était engagé à poursuivre tous ceux dont la culpabilité sera révélée au cours du procès El Khalifa, mais les procédures sont... toujours en cours. Faut-il aussi citer le témoignage de la secrétaire et assistante personnelle de Abdelmoumène Khalifa dont les mots (plutôt les noms) sont restés suspendus à ses lèvres...Elle avait fini par citer un nom. Celui d'un ministre en poste. Que s'était-il alors passé?
La magistrate avait écourté l'audition du témoin pour dire à l'avocat: «Vous avez la liste et les noms maître.» Qu'est devenue cette liste? A-t-elle été mise au fond d'un tiroir et oubliée? Autre question légitime: pourquoi les volets liés à Khalifa Airways, Khalifa TV et aux Swifts, attendent toujours que l'enquête se termine? Les exemples des affaires de corruption sont légion. On peut citer celui de la Banque commerciale et industrielle d'Algérie (Bcia) où l'ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia avait fait état des pertes causées par la Bcia à la Banque extérieure d'Algérie (BEA) qui se chiffrent à 900 millions de dinars. Il avait également parlé d'un trou financier de 7 milliards de dinars constaté dans cette banque, qui, selon lui, s'était spécialisée dans «l'import-import». Dans cette affaire, sur la liste des bénéficiaires des traites avalisées par la Bcia et escomptées par la BEA, ont figuré les noms de nombreux opérateurs économiques très connus sur la place d'Oran. Et comme les scandales d'El Khalifa et de la Bcia ne sont pas les premiers, la mémoire algérienne garde encore fraîchement les fracas des hommes d'affaires et des politiques algériens. L'affaire de l'Enapal où près de 25 millions de dollars se sont volatilisés lors d'un marché fictif n'est pas oubliée. L'affaire de la BEA des Pins maritimes, plus connue sous l'appellation de «l'affaire Mouhouche», avait fait à l'époque beaucoup de vacarme. En 1991, il y eut un procès. Les citoyens ont parlé à l'époque de pressions exercées sur les témoins et sur les magistrats pour que les complices de Mouhouche, des enfants de la «jet-set algérienne», soient préservés. Les choses ont-elles changé aujourd'hui? Le scandale d'El Boucher va-t-il livrer tous ses secrets? Les Algériens qui sortent manifester depuis le 22 février dernier refusent que seuls les lampistes paient pour les «gros bonnets» dont le flot d'argent et les connaissances influentes leur ont permis longtemps d'acheter la liberté et la quiétude.

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