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SON DISCOURS À LA 1ER RÉGION MILITAIRE TRÈS ATTENDU

Que dira Ahmed Gaïd Salah?

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Le chef d'état-majorLe chef d'état-major

Le temps presse a dit Ahmed Gaïd Salah lors de son dernier discours à Ouargla.or, rien n'annonce une fin de crise rapide. Va-t-il élever le ton, cette fois-ci encore, comme il l'avait fait le 18 mars dernier?

Les discours du chef d'état-major de l'Armée, Ahmed Gaïd Salah, rythment la révolution pacifique menée par le peuple algérien depuis le 22 février dernier. Pour les neuf semaines de protestations, le général de corps d'armée a prononcé neuf discours. A deux ou trois discours près, la cadence a été d'un discours par semaine. C'est devenu comme un rituel, les citoyens manifestent les vendredis, les événements politiques s'enchevêtrent les trois premiers jours de la semaine, vient ensuite le discours du général de corps d'armée pour éclairer un peu plus l'opinion publique. C'est la raison pour laquelle, le discours que prononcera aujourd'hui le vice-ministre de la Défense nationale, est des plus attendus. Que va décider le chef d'état-major en voyant que la crise algérienne fait du surplace? La rencontre de consultations à laquelle a appelé Abdelkader Bensalah qui assure l'intérim de chef de l'Etat depuis le 9 avril dernier, a été un échec total. Une grande majorité de responsables de partis politiques, personnalités nationales, représentants de la société civile et de juristes, notamment les constitutionnalistes, ont décliné l'invitation de Abdelkader Bensalah qui d'ailleurs, lui-même, a été absent à cette réunion. Et même si ce conclave a été sanctionné par un document portant sur la création d'une instance nationale indépendante chargée de l'organisation de la présidentielle et du suivi du processus électoral, il est clair que cette initiative demeurera au stade de l'intention car la création d'une instance en l'absence de la composante réelle de la classe politique et du mouvement de contestation n'aura aucune légitimité. Que va donc décider Ahmed Gaïd Salah si Abdelkader Bensalah poursuit son initiative et que le peuple continue ses grandes démonstrations pour exprimer son rejet à ce chef d'Etat intérimaire, à son gouvernement et toutes les anciennes figures du système? Le général a bien réaffirmé, dans son dernier discours, prononcé à Ouargla le mardi dernier, «l'engagement de l'ANP d'accompagner les institutions de l'Etat durant cette transition, tout en soulignant que toutes les perspectives possibles restent ouvertes afin de surpasser les difficultés et trouver une solution à la crise dans les meilleurs délais, car la situation ne peut perdurer davantage, vu que le temps nous est compté». Le temps presse a dit Ahmed Gaïd Salah or rien n'annonce une fin de crise rapide. Va-t-il élever le ton, cette fois-ci encore, comme il l'avait fait le 18 mars dernier exigeant, en premier, de trouver des «solutions dans les plus brefs délais» avant de proposer, une semaine après une sortie constitutionnelle par l'article 102 et d'exiger 3 jours après l'exécution immédiate de la solution proposée. Abdelkader Bensalah va-t-il alors être invité à se retirer? La question mérite d'être posée puisque le chef d'état-major n'a eu de cesse de répéter «nous affirmons que nous comprenons ses revendications légitimes (du peuple, Ndlr) pour lesquelles nous nous sommes engagés à oeuvrer à les concrétiser (...) La décision de protéger le peuple, avec ses différentes composantes, est une décision irréversible et dont nous ne dévierons point.» Certes, il a précisé que la réalisation des objectifs visés par le peuple «requiert plusieurs étapes nécessitant de la patience» et qu'il est primordiale de ne pas «perturber le fonctionnement des institutions de l'Etat» mais il a assuré également que «le Haut Commandement de l'ANP ne prendra aucune décision qui ne sert pas les intérêts du peuple et de la Patrie». C'est à la lecture de cet engagement pris publiquement, qu'il est permis de croire que le chef de l'état-major pourrait pousser les dirigeants actuels de l'Etat à accéder aux revendications populaires. Outre le fait donc que le discours d'Ahmed Gaïd Salah va éclairer l'opinion publique sur la position de l'ANP par rapport à l'évolution des événements ces derniers jours, le choix de la wilaya pour prononcer ce discours est aussi symbolique. En effet, le général a choisi de se rendre à la 1ère Région militaire dont l'ex-commandant, Habib Chentouf, fait l'objet d'un mandat d'arrêt pour «dissipation et recel d'armes et de munitions de guerre et infraction aux consignes de l'armée». Un mandat de dépôt a également été délivré à l'encontre de l'ancien commandant de la 2ème région militaire (RM), Bey Saïd pour les mêmes motifs. Ces deux hauts gradés militaires avaient été démis de leur fonction et arrêtés dans la foulée du grand remue-ménage qui a suivi l'éclatement du scandale de l'affaire des 701 kg de cocaïne, saisis au port d'Oran. A l'époque, cinq généraux, fraîchement démis, avaient été emprisonnés pour les besoins d'une enquête. Ils ont été libérés par la suite, mais maintenus sous contrôle judiciaire. La rumeur sur leur lien avec Kamel Chikhi, le principal accusé dans l'affaire de la cocaïne, a très vite fait le tour de la Toile. Cependant, une relation directe avec ce scandale n'a jamais été officiellement révélée.

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