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SA RENCONTRE D'HIER À TOURNÉ AU FIASCO

La bérézina de Bensalah

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Beaucoup d'absences à cette rencontreBeaucoup d'absences à cette rencontre

Le spectacle n'a pas tardé à montrer ses aspects versant dans l'insolite et des réactions qui ont transformé la grande salle en un véritable lieu de palabres et de tapage, qui ont vu le représentant du Front El Moustakbel se mettre à hurler et crier à la trahison.

La rencontre sur «les mécanismes de création d'une instance indépendante chargée d'organiser les élections» par la présidence de la République, qui était censée regrouper les partis politiques et les personnalités nationales et la société civile, n'a pas eu lieu telle que prévue. Ni Bensalah, le chef d'Etat provisoire ni la classe politique à travers ses partis dans leur majorité n'ont répondu à l'appel. Pour les partis politiques, tout le monde était au courant que leur absence allait être perceptible, mais personne ne s'attendait que celui qui était censé promouvoir et chapeauter la rencontre allait être dans la liste des abonnés absents, à savoir Abdelkader Bensalah. Le geste de Bensalah va rentrer dans les annales politiques de la République algérienne et de la Présidence, étant donné que c'est la première fois que ce genre de comportements a été manifesté au nom de la présidence de la République, c'est un antécédent très rare en politique, jamais un agenda politique du genre qui relève d'une conférence de dialogue national n'a connu un événement pareil. L'ambiance au Palais des nations à Club des Pins n'était pas à l'enthousiasme ni à un événement qui s'esquissait en perspective, la grande salle qui était réservée à la rencontre et pour recevoir les invités, affichait un vide sidéral et une ambiance morne renseignant sur les tenants et les aboutissants de ces semblants de consultations. Ce qui est anachronique dans cette rencontre dédiée à un thème politique par excellence, à savoir de débattre d'une formule idoine pour mettre en place des mécanismes qui puissent permettre la création d'une commission indépendante qui se chargera de la préparation et de la surveillance de l'opération électorale, ne sera que technique selon les dires de ceux qui étaient présents pour la circonstance. Même si tout le monde sait que le rejet d'aller vers une élection présidentielle le 4 juillet fait l'unanimité de la part de la classe politique et aussi le mouvement populaire qui réclame le départ de Bensalah tous azimuts. Hormis quelques constitutionnalistes et quelques personnes qui se disent appartenir au mouvement associatif, on a constaté une présence timorée de trois structures partisanes qui n'ont pas de poids politique sur la scène nationale, à savoir l'Alliance nationale républicaine à travers son secrétaire général, Belkacem Sahli, le mouvement El-Islah via son premier responsable, Filali Ghouini et le député Ahmed El Wafi, représentant du Front el Moustakbel, quant au RND et le FLN, ils se sont contentés d'envoyer respectivement deux sénateurs pour participer dans ce qui est appelé communément «consultations». La stupéfaction était grande quand les médias ont su que la rencontre allait se faire à huis clos, surtout que l'annonce a été faite par le responsable de l'Institut des études stratégiques globales, une structure rattachée à la Présidence. Le spectacle n'a pas tardé à montrer ses aspects versant dans l'insolite et des réactions qui ont transformé la grande salle en un véritable lieu de palabres et de tapage qui ont vu le représentant du Front El Moustakbel se mettre à hurler et crier à la trahison en accusant les responsables de cette rencontre d'avoir fait «recours à un travail de l'ombre», allusion à l'attitude consistant à diriger le déroulement de la rencontre en l'absence des médias. Mais le paradoxe est exprimé de la part du secrétaire général de la présidence de la République, Habba El-Okbi qui a souligné lors de cette rencontre que «les consultations lancées par le chef de l'Etat avec les partis politiques et les personnalités nationales se poursuivront jusqu'à l'élection présidentielle qui se tiendra dans les délais constitutionnels, le 4 juillet prochain», c'est le summum de la mascarade appelée rencontre pour des consultations. Le secrétaire général de la présidence de la République a poussé le bouchon jusqu'au bout en annonçant que les consultations visent «à asseoir la démocratie, à organiser des élections libres et transparentes et à instaurer un nouveau régime politique», faisant abstraction de tous les événements qui secouent le pays à travers un mouvement populaire qui exige le départ des symboles du système parmi lesquels figure le chef d'Etat provisoire, Abdelkader Bensalah. Une chose est sûre, la rencontre d'hier, reflétait parfaitement une espèce de simulacre de consultations en déphasage avec l'évolution que vit le pays et les enjeux qui se trament et que se profilent à l'horizon.

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