KARIM TABBOU, PREMIER SECRÉTAIRE DU FFS
«Nous ne sommes pas avides de pouvoir»
D’après notre interlocuteur, «80% de la population a adopté une position d’honneur et de dignité vis-à-vis de ces élections».
Karim Tabbou: Il faut être sûr d´une chose: aujourd´hui en Algérie, le peuple se sent de moins en moins représenté. Notre position ne répercute que celle de la population qui ne cesse de se voir brimée.
Maintenant, si notre position apportera un plus au paysage politique national, je pense que oui, en ce sens que notre parti ne fait que répondre à la volonté des citoyens. Il faut, en outre, se dire que sur le terrain, 80% de la population a adopté une position d´honneur et de dignité vis-à-vis de ces élections, celle de ne pas aller aux urnes.
Je pense que le citoyen est conscient de son avenir et, de ce fait, il n´accepte pas qu´on continue, indéfiniment, à lui voler sa voix.
Ecoutez, il faut être clair et logique dans ses positions. En Algérie, on ne peut pas profiter de sa position au sein du gouvernement pour faire de l´opposition et imposer de ce fait la volonté du peuple. Cela, pour la simple raison que nous sommes dans une impasse. On ne peut rien faire dans une situation pareille, c´est l´expérience qui nous le dicte. Il faut donc être à l´extérieur de l´impasse pour mieux voir les choses et apporter de ce fait, le changement nécessaire.
La Kabylie est une partie indivisible de l´Algérie. En ce sens, je me dois de souligner que les Algériens ont atteint une maturité à tel point qu´ils ont compris que le régionalisme est en fin de compte une idée révolue. Les Algériens ont réussi à dépasser cette étape dangereuse. Quant, maintenant, à la position du FFS dans la région, je peux vous (re)confirmer que notre position est aussi celle de la population. Nous, au sein du Front des forces socialistes, ne faisons qu´adopter la position des citoyens. Ceux-ci se sont prononcés pour le boycott. La tournée que nous avons effectuée dans plusieurs wilayas du pays n´a fait que renforcer, davantage nos positions. A Alger, Tizi Ouzou, Béjaïa, Oran, Djelfa, Laghouat...,la population que nous avons rencontrée nous a donné des arguments supplémentaires qui ne font que consolider nos idées. Partout où nous sommes passés, ce sont les mêmes échos qui reviennent, à savoir le refus de continuer dans la politique mensongère suivie jusqu´à présent par un pouvoir mafieux et policier. Je confirme que le FFS ne fait pas partie de ces gens avides de pouvoir et qui veulent, vaille que vaille, avoir des sièges au Parlement. Nous ne cautionnons jamais ces gens-là. Nous restons fidèles aux positions que nous avons adoptées depuis toujours et rien ne nous fera courber l´échine.

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