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RÉFORMER LE FMI

Le défi de Strauss-Kahn

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Le Fonds monétaire international a, désormais, à sa tête l’ex-ministre français de l’Economie, M.Dominique Strauss-Kahn.

La plus vieille institution financière internationale fera une plus grande place aux pays émergents ainsi qu´aux pays pauvres, notamment les pays africains. C´est ce qu´a promis le candidat français à la direction générale du Fonds monétaire international. Soutenu fermement par le chef de l´Etat français, M.Nicolas Sarkozy, il a entamé une campagne qui l´a mené à travers pas moins de 30 pays. C´est depuis Santiago du Chili que l´ancien ministre français de l´Economie a appris la nouvelle de son élection. Il était en compétition avec l´ancien Premier ministre tchèque, Josef Tosovsky, parrainé par la Russie. Réagissant à son succès, le nouveau directeur général du FMI s´est refusé à tout commentaire. «Je ne ferai pas de déclaration, mais je prépare un communiqué», a-t-il tout simplement précisé. L´ex-ministre français de l´Economie s´exprimera lors d´un point de presse qui sera organisé dans la capitale française, Paris. M.Strauss-Kahn, qui séjournait depuis jeudi à Santiago du Chili, à l´invitation de la Fondation Chile 21, un forum annuel du «Progressisme», qui rassemble une grande partie de la gauche latino-américaine, a donné sa vision des nouvelles donnes économiques. «La mondialisation demande plus de multilatéralisme qu´hier. On ne peut plus constater les dégâts et les réparer. Il est indispensable de développer une coopération internationale à un niveau jamais vu jusqu´à présent», a-t-il souligné.
Jusque-là le FMI était redouté et son intervention est toujours vue d´un mauvais oeil. C´est le signe de restrictions. L´Algérie en connaît un bout. Elle qui a subi deux rééchelonnement. Ils ont eu lieu suite à un programme de réajustement structurel aiguillonné par le Fonds monétaire international et mis sous sa surveillance. Le Cnes avait déclaré à l´époque que l´Algérie n´accédait aux crédits multilatéraux qu´avec de draconiennes conditions.
Les financements bilatéraux se faisaient rares et étaient soumis aux aléas politiques. Les effets ne se sont pas fait attendre. Une dévaluation brutale du dinar doublée d´un fort accroissement des taux d´intérêts ont provoqué l´asphyxie d´entreprises aussi bien privées que publiques, se retrouvant dans l´impossibilité de rembourser leurs dettes extérieures. Le rapport du Cnes était implacable. «C´est un véritable hold-up sur les capacités et les ressources de l´Algérie qui découle de la dette», avait-il constaté.
La mission de base du FMI, qui consistait à venir en aide, à prêter aux pays dont les économies sont en difficulté, a fondu comme neige au soleil. Dans les années 90 «les gros clients» tels que l´Argentine, la Russie, le Mexique, le Brésil et la Corée ont tous remboursé leurs dettes. L´aide aux pays pauvres s´est rarement traduite par des résultats concrets.
Le FMI semble dépassé. Institution financière vieillotte au caractère obsolète, créée après la Seconde Guerre mondiale, elle doit s´adapter à de nouveaux acteurs économiques.
«Le FMI doit faire leur place aux pays émergents» a déclaré M.Strauss-Kahn qui a aussi proposé une réforme du système de vote au sein du FMI pour mieux prendre en considération ces pays. Un virage à 180° devrait sanctionner ces réformes si elles venaient à se concrétiser. Un coup de jeune dont le FMI a grand besoin pour retrouver toute sa crédibilité aux yeux des pays les plus démunis.

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