AUGMENTATION DU PRIX DE LA SEMOULE

Les Algériens mis au régime forcé

Le sac de semoule de 25kg est cédé à 1500 dinars!

Les prix des produits alimentaires de première nécessité prennent feu. Les tarifs augmentent d´une façon exponentielle. A chaque jour qui se lève, les citoyens découvrent, à leur grand dam, de nouveaux prix. Cela est le cas, entre autres, des tarifs de la semoule qui ont atteint la barre des 6000 dinars le quintal. Une simple opération mathématique nous laisse déduire que le tarif d´un sac de semoule de 25kg est cédé à 1500 dinars! Cette augmentation n´a pas été sans influer sur les prix des produits dérivés de la semoule. Au niveau des marchés locaux, les fameux diouls (feuilles de briques), sont cédés à 45 dinars.
Fini le bourek. Le pain noir qui, auparavant, était réservé aux prisonniers, est devenu un luxe. Brûlants sont les prix. La situation est délicate. Et si les choses se poursuivent sur cette lancée, les Algériens finiront par se nourrir de désespoir et d´eau fraîche. Côté statistiques, les chiffres paniquent. La facture des importations de blé ne cesse d´augmenter. Elle est passée de 528,72 millions de dollars durant le premier semestre de 2006, à 589,73 millions de dollars durant la même période de 2007. Il est sans doute bon de signaler que pendant les six premiers mois de l´année en cours, l´Algérie a importé 2,53 millions de tonnes de blé contre 2,67 millions de tonnes durant la même période de 2006. Les observateurs estiment que cette augmentation du prix du blé sur les marchés mondiaux des céréales, s´est répercutée directement sur les tarifs pratiqués en Algérie. Mais qu´est-ce que cela peut signifier au simple citoyen, qui n´a d´yeux que pour la cagnotte pétrolière engrangée par l´Algérie? Cette phrase revient d´ailleurs sur toutes les lèvres. La situation est d´autant plus paradoxale qu´il est difficile d´expliquer aux citoyens les causes ayant conduit les tarifs des produits alimentaires de première nécessité à prendre une courbe ascendante. En l´absence d´un organisme chargé principalement du contrôle et de la régulation des prix sur les marchés nationaux, les prix ne cessent de grimper encore davantage.
Cette situation ne favorisera, sans coup férir, que les spéculateurs qui saisiront l´occasion pour prendre le dessus, au détriment du petit citoyen qui se voit de plus en plus plumé.
D´autant plus que le pouvoir d´achat des Algériens est, notamment ces derniers mois, au trente-sixième dessous. Le ministère du Commerce, à qui incombe le rôle de la mise en place de l´organisme chargé de la régulation des prix et de la lutte contre les pratiques spéculatives, n´est pas près d´atteindre les perspectives qu´il s´est fixées. Cela est de même pour le ministère de l´Agriculture, dont les principaux responsables ne cessent d´évoquer le plan de relance économique élaboré par le président de la République.
Pourtant, sur le terrain, les projets mis sur pied sont loin de porter leurs fruits. Même le Plan national pour le développement agricole (Pnda) qui a coûté à l´Etat, depuis 2000 à 2005, près de 217 milliards de dinars, ne semble pas avoir atteint les objectifs escomptés.
Néanmoins, grand est l´écart séparant les chiffres, en tant qu´entité abstraite, de la réalité du terrain. Il est donc urgent de remédier à cette situation qui risque de tourner au drame. Les citoyens ont déjà, et depuis longtemps, les nerfs sous le bonnet...