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CAMPAGNE ÉLECTORALE

La population dans l’indifférence

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Malgré le tapage médiatique et le déploiement des leaders politiques sur le terrain, la population reste absorbée par les préoccupations de son dur quotidien.

Chômage, hogra, misère. Autant d´images exprimant la galère quotidienne des citoyens. A Ouargla, comme à Ghardaïa, M´sila ou Laghouat, c´est le même cliché. La population souffre énormément. Un mode de vie catastrophique. Les citoyens sont livrés à eux-mêmes. C´est le constat que nous avons tiré à travers la visite qu´a effectuée le secrétaire général du FLN, ce week-end à l´intérieur du pays. Y a pas photo. Le constat s´impose de lui-même. Sans fouiller profondément, le décor des différentes régions visitées renseigne sur l´état des lieux et le degré de misère. Mais s´il y a bien une chose qui frappe, c´est bien les foules de jeunes rassemblés au niveau des structures du FLN. Ces derniers sont venus en force pour faire part de leurs préoccupations au chef du gouvernement. Ils n´avaient qu´un seul mot d´ordre. «chômage, chômage...râna krahna.» «Où est le programme des Hauts-Plateaux?», scandaient à haute voix des jeunes lors d´une rencontre de proximité tenue mercredi dernier à Sour El Ghozlane. «Monsieur le chef du gouvernement, nous sommes avec vous, mais nous demandons uniquement du travail», a clamé un jeune chômeur qui a interrompu M.Belkhadem en plein discours. La même plainte retentit de partout. «Nous sommes perdus, sans avenir», dit Mohamed, 22 ans, chômeur. Interrogé sur les élections, ce jeune dit qu´il n´y croit pas trop au changement. «Pourquoi voter, puisque nous sommes abandonnés», a-t-il répondu. «Voter ou ne pas voter, cela ne change rien pour nous», intervient son copain Hamid. Mêmes échos à M´sila. Les jeunes de cette région sont dans le même pétrin. «Je n´ai pas de carte de vote et je ne cherche pas à m´inscrire», a déclaré Mahmoud, venu observer le cortège du chef du gouvernement. Et de renchérir: «En quoi cela va me servir si je vote?» «Pourquoi voter, regardez, il n´y a même pas de carrelage aux trottoirs», a réclamé Moussa, un écolier qui écoutait de près la discussion. Ce garçon de 13 ans semble avoir déjà une bonne vision sur son entourage. Très curieux et même éveillé, Moussa n´est pas allé du dos de la cuillère pour dénoncer la mauvaise gestion des élus. Effectivement, une virée sur le terrain confirme de visu ces allégations. Le concept du développement local, ici, est un euphémisme. A M´sila, les élus n´ont pas bonne audience auprès de la population. Leur image de marque en prend un sacré coup. «Tous sont des corrupteurs et des opportunistes», atteste un groupe de jeunes, de passage. Ces derniers ne se sont même pas arrêtés pour s´informer sur le cortège. Pour eux, la politique n´a jamais changé. Alors que certains s´expriment sans gêne, d´autres préfèrent s´abstenir. «Je n´ai que dire, vous voyez bien notre situation», rétorque Aymen d´un air désespéré. Dans cette contrée délaissée, peu de jeunes comptent se rendre aux urnes le jour du scrutin. «Nous cherchons ni après le RND ni après le FLN, nous voulons juste quelqu´un qui serait apte à améliorer nos conditions de vie et créer de l´emploi», avoue Wahid, 24 ans, chômeur de son état. Fils d´un militant FLN, il aspire à un changement de son quotidien. Les projets spécial Haut-Plateaux et ceux de l´Ansej restent pour la population de simples slogans de «politicards». La population espère. Elle attend toujours le Messie. Des milliers de jeunes ont postulé pour des projets, en vain. «Piston et tchipa sont monnaie courante pour lancer un projet», explique Ahmed, 38 ans, serveur dans une pizzeria à Laghouat. Licencié, Ahmed n´a d´autre choix que de travailler comme serveur pour subvenir aux besoins de sa famille. De tels témoignages reflètent le vécu de la population de l´Algérie profonde. Malgré l´aisance financière et les projets lancés, pour eux rien n´a changé. Et le temps s´est arrêté le jour de l´Indépendance. Et depuis, la situation empire. Ce qui explique le rejet de la population. Partout, le spectre de l´abstention plane. Le tapage médiatique et le déploiement des leaders politiques sur le terrain n´ont pas convaincu la population à se rendre aux urnes.

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