CRISE ENTRE L’ARMÉE MALIENNE ET LES TOUAREG
Un groupe d’otages libérés demain
L’armée malienne et les rebelles ont salué le rôle joué par l’Algérie dans le dénouement de cette crise.
L´Algérie a bien réussi sa mission de «sapeur-pompier» dans la crise des otages maliens retenus par les rebelles targuis. Ibrahim Ag Bahanga, chef des rebelles, a décidé de libérer dix des trente-quatre militaires enlevés au nord-est de Kidal, au Mali en août dernier. Ce premier groupe d´otages doit être remis demain aux autorités maliennes par une délégation algérienne.
Le mouvement des rebelles avait donné, mercredi dernier, son accord à l´armée malienne, pour la libération de quelques personnes retenues. Prévue pour hier, la libération des otages aura lieu, finalement, demain. «Ils seront libérés certainement dimanche, au plus tard», a indiqué jeudi soir le porte-parole de ce groupe armé, dans une déclaration rapportée par l´AFP. Ce même porte-parole du mouvement a précisé à la Radio internationale algérienne qu´on ne «peut pas procéder à la libération des otages vendredi. On ne veut pas opérer dans l´ombre. Il faudrait qu´on s´organise, il faudrait la présence de la presse internationale et des médiateurs pour commencer effectivement la libération des prisonniers. Leur libération interviendra dimanche» au plus tard. De leur côté, les autorités maliennes ont confirmé la signature de cette trêve avec Bahanga et ses hommes. «La présidence de la République (du Mali) informe l´ensemble de nos compatriotes qu´un accord a été obtenu ce jour, mercredi 26 décembre, pour la libération de nos militaires enlevés au nord-est de Kidal (extrême nord du Mali) et retenus en otages», déclarent-elles dans un communiqué rapporté par la même source.
Le même communiqué souligne que l´Etat malien a «bénéficié de l´appui déterminant de pays frères et amis», auxquels «le Mali exprime sa reconnaissance et sa profonde gratitude». La libération des détenus se fera au cours d´une cérémonie officielle, à Tinzaouatène, proche des frontières maliennes avec l´Algérie. La délégation malienne comprendra un chef de l´ex-rébellion, Iyad Ag Ghaly, qui a conduit une médiation dans l´actuelle crise des otages. Etant médiateur de la crise des otages, la délégation algérienne sera conduite par l´ambassadeur d´Algérie en poste à Bamako ainsi que des membres de la Croix-Rouge. Les rebelles targuis ont reconnu que la libération des militaires otages maliens intervient, notamment, sur intervention de l´Algérie. «C´est une décision du mouvement qui a été appuyée par l´Algérie», reconnaît le porte-parole. Cette trêve est, donc, la conséquence de la médiation de l´Algérie qui avait déjà encadré la signature en juillet 2006, à Alger, d´accords de paix entre les rebelles targuis et le gouvernement malien. Bamako avait sollicité l´intervention de l´Algérie pour «désamorcer» le conflit qui oppose son armée au groupe de Bahanga.
Une année après la signature des accords d´Alger, l´Etat malien a sollicité, une fois de plus, la médiation de l´Algérie, suite à la dégradation de la situation au nord du pays.
La visite effectuée, en novembre dernier, par le président malien en Algérie était une autre opportunité pour Bamako de solliciter Alger pour trouver une issue à la crise des otages. A cette occasion, le président Abdelaziz Bouteflika a appelé à une «application scrupuleuse et intégrale» des dispositions de l´Accord d´Alger. Il a indiqué: «Je tiens encore une fois à vous assurer du soutien total de l´Algérie, de sa solidarité et de son amitié indéfectible.»
En attendant la libération officielle des otages, la diplomatie algérienne vient de réussir un nouveau test.

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