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PÉTROLE À 100 DOLLARS

A qui la faute?

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«Le baril de brut à 100 dollars, ce n’est pas nécessairement très élevé», a estimé M.Chakib Khelil, président de l’Opep.

Cette déclaration du ministre de l´Energie et des Mines devrait alimenter le débat en cours: le baril de pétrole brut à 100 dollars, à qui la faute? Les pays consommateurs, les Etats-Unis d´Amérique en tête, veulent faire porter le chapeau à l´Opep. Si le pétrole flambe, c´est que le marché est mal ou pas assez approvisionné. Un argument farouchement combattu et mis à mal par l´Organisation des pays exportateurs de pétrole.
Ils ont une vision beaucoup plus globale et pragmatique de la conjoncture actuelle. Objectivité et prudence. Deux critères qui leur ont fait défaut par le passé. Ils l´ont appris à leurs dépens. La crise de 1986 a fait chuter le prix du baril de l´or noir en-dessous de la barre des 10 dollars. M.Chakib Khelil fait une analyse pointue de la situation actuelle des cours du pétrole. Interviewé par l´AFP, il déclare que «le prix du pétrole n´a pas encore retrouvé ses niveaux record de 1980». Ils correspondraient, aujourd´hui, à une fourchette comprise «entre 102 et 110 dollars», a estimé le nouveau président de l´Opep. Et les 100 dollars d´aujourd´hui? C´est, en soi, un prix «élevé», a admis M.Chakib Khelil. Cependant, «toute l´équation de la demande par rapport à l´offre a basculé», a-t-il fait remarquer. Et il conclut: «100 dollars, ce n´est pas nécessairement un prix très élevé.» Jeudi 4 janvier 2008, le baril de Light Sweet Crude avait atteint 100,09 dollars en séance. Etablissant ainsi un record historique.
La question qui se pose, désormais, est de savoir quels nouveaux sommets peut-il atteindre. Le ministre de l´Energie et des Mines, M.Chakib Khelil, pronostique. «Le prix du pétrole va rester à ce niveau-là, au premier trimestre 2008.» Et pour le second trimestre? Les prix du baril de pétrole «devraient se stabiliser plus bas que 100 dollars». Quant aux stocks, ils devraient se renflouer, selon M.Chakib Khelil.
La question de l´opportunité d´une hausse de la production des pays membres de l´Opep était incontournable. La pression sur l´Organisation des pays exportateurs de pétrole pour calmer le marché pétrolier va, sans aucun doute, s´accentuer. Le prix de l´or noir, qui a franchi la barre symbolique des 100 dollars, a exacerbé les inquiétudes des pays consommateurs. «Nous allons assister à des pressions de la part des gouvernements sur l´Opep», a déclaré Frédéric Lasserre, responsable des matières premières à Société Générale. L´Opep cèdera-t-elle à ces pressions? «J´étais convaincu qu´ils allaient augmenter la production en décembre. Il y a tout lieu de croire qu´ils vont le faire le mois prochain.» L´Opep doit tenir une réunion extraordinaire, le 1er février 2008 à Vienne, en Autriche.
Julian Jessop, responsable de l´économie internationale chez Capital Economics, estime, quant à lui que: «si les cours se maintiennent autour des 100 dollars le baril d´ici à la prochaine réunion de l´Opep, le 1er février prochain, on pourrait alors s´attendre à un relèvement des quotas de production.» Un autreson de cloche nous parvient du président de l´Opep. Il n´y aura vraisemblablement pas d´augmentation systématique de la production. L´Opep a augmenté la sienne de 500.000 barils/jour en septembre. «Cela n´a servi à rien puisque les prix ne sont pas vraiment tombés, ils ont augmenté», a noté M.Chakib Khelil. Lors de la réunion du 1er février, l´Opep examinera l´approvisionnement du marché, la situation des stocks et fera des projections pour les 2e et 3e trimestres 2008. C´est de tous ces facteurs que dépendra une décision en faveur d´une hausse de sa production, a fait savoir le ministre. La conjoncture actuelle est plus liée à la spéculation et à la situation géopolitique, a-t-il ajouté.
Un avis que partagent les analystes. L´Opep ne contrôle pas la hausse des cours de l´or noir. Elle n´est pas non plus responsable de la chute des stocks américains et ceux des pays industrialisés. Certaines analyses simplistes constatent: «L´Opep n´a pas pompé assez. C´est aussi simple que ça.» C´est sans compter sur les «faucons de l´Opep», l´Iran et le Venezuela. Il est à parier que le nouveau président de l´Opep, M.Chakib Khelil n´hésitera pas à intégrer un facteur de taille: les générations futures. Elles aussi doivent y trouver leur compte dans cette affaire.

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