IMMIGRATION EN FRANCE
Sarkozy jure d’appliquer sa «politique des quotas»
Rome «désavoue» le président français et affirme: «L’Italie ne procède à aucune expulsion collective d’immigrés sans papiers».
Nicolas Sarkozy est déterminé à nettoyer «au Kärcher» des quartiers encombrés de «racaille». Pour la énième fois, le président français réaffirme son «rêve» de voir réussir, le plus vite possible, sa «politique fondée sur des quotas».
Dans sa conférence de presse animée mardi dernier au Palais de l´Elysée, M.Sarkozy a juré, par tous les saints, de poursuivre l´expulsion des sans-papiers du territoire français. Le «syndrome» «sarkozien» a même touché, semble-t-il, les autres pays européens. A en croire le président français, les gouvernements italien et espagnol avaient demandé à la France d´organiser des expulsions collectives.
«Le président du gouvernement espagnol, Jose Luis Rodriguez Zapatero, et Romano Prodi, qui dirige le gouvernement italien, m´ont demandé tous les deux que la France, l´Italie et l´Espagne procèdent à des expulsions collectives.»
Se substituant au porte-parole du gouvernement espagnol, Nicolas Sarkozy a déclaré que Madrid a décidé qu´il n´y aura plus de régularisations massives. Rome s´est dite surprise des affirmations de Paris. Les autorités italiennes ont démenti cette information. Réagissant aux propos de Nicolas Sarkozy, le ministre de l´Intérieur italien, Giuliano Amato, a affirmé que son pays n´organisait pas d´expulsions collectives d´immigrés sans papiers. «Ne faisons pas dans la confusion: les vols collectifs sont organisés depuis un moment par l´Union européenne pour reconduire dans leur patrie les immigrés clandestins expulsés de divers pays», a répondu le ministre italien, dans un communiqué rapporté par l´AFP.
Et de préciser: «L´Italie ne procède à aucune expulsion collective. Chez nous, les expulsions sont réglementées par la loi Bossi-Fini (...). Nous prévoyons donc tout sauf la possibilité d´expulsions de masse ou de groupes», a-t-il conclu.
A l´intérieur de l´Hexagone, Nicolas Sarkozy a instruit son ministre de l´Immigration, Brice Hortefeux, de continuer à reconduire chez eux les immigrés sans papiers. «On ne rentre pas en France sans autorisation et quand on rentre sans autorisation, on est raccompagné dans son pays», a rappelé M.Sarkozy, dans une déclaration rapportée par la presse française. Pour l´Elysée, cette politique demeure la seule alternative pour en finir avec le flux migratoire que connaît la France. «Tout le monde sait que c´est la seule solution. On doit arrêter de vouloir arrêter les uns, ne pas choquer les autres.» Et d´enchaîner: «La politique des quotas, nous devons la mettre en oeuvre, en fonction des capacités d´accueil et d´intégration.»
De son côté, le ministre Hortefeux a révélé que le nombre d´immigrés expulsés en 2007 se situe entre 22.000 et 23.000 personnes. Le ministre français n´a pas réussi le pari de l´Elysée consistant à reconduire 25.000 immigrés sans papiers aux frontières. Sur le plan européen, la même source a annoncé, dans un entretien accordé à L´Express, la «mise en place d´une politique européenne de l´immigration».
«Nous refusons les régularisations massives de sans-papiers tout en affichant une volonté de lutte contre le travail illégal qui fausse la libre concurrence.»
A propos de ce dernier point, M.Hortefeux projette de «promouvoir l´immigration de travail avec la délivrance de la carte ´´compétences et talents´´, qui permet la circulation des travailleurs qualifiés sans conduire au pillage des cerveaux dans les pays en voie de développement».
Le ministre souhaite délivrer 2000 cartes «compétences et talents» d´ici à la fin de l´année.

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