13 SYNDICATS ORGANISENT AUJOURD’HUI UNE GRÈVE NATIONALE
Le grand test
Leur capacité de mobilisation sera connue aujourd’hui.
Les travailleurs de la Fonction publique seront en grève, aujourd´hui, à l´échelle nationale. Un mouvement auquel a appelé la Coordination des douze syndicats autonomes en plus du CLA. L´éducation, la santé, l´enseignement supérieur et la formation professionnelle sont touchés par la grève d´aujourd´hui.
Les syndicalistes ont accordé leurs violons pour créer ainsi une «force syndicale» et faire front aux nouvelles donnes sociales qui s´imposent. A l´origine de cette contestation, la situation explosive à la veille de la rentrée sociale.
Même si des divergences sont relevées entre les organisations syndicales, celles-ci sont néanmoins unies autour d´une cause commune: les salaires et leur représentativité dans les débats sociaux.
Les représentants de cette Coordination se disent déterminés à défendre les droits des travailleurs. La dégradation de la situation socioprofessionnelle que subissent les travailleurs des différents secteurs de la Fonction publique, caractérisée, estiment les syndicalistes, par l´érosion du pouvoir d´achat et la non-reconnaissance des syndicats autonomes, est fortement dénoncée.
Pour les représentants syndicaux, la décision de l´augmentation des salaires devient caduque du moment qu´elle est déjà absorbée par la cherté de la vie. «Le débrayage est motivé par le laminage insupportable du pouvoir d´achat et le déni d´existence des syndicats autonomes», explique Meziane Meriane, coordinateur et porte-parole de la Coordination des syndicats autonomes. Le Conseil des lycées d´Alger (CLA), de son côté, revendique un salaire qui maintienne le pouvoir d´achat, un statut particulier qui préserve les acquis des luttes et une retraite spécifique après 25 ans de service. Les «12+1», entre autres le Cnes, le Snpdsm, l´Unpef, le Snapest, le Snte, le Snpsp, du Snvpaf, du Snpssp, du Snapap et du Satef. sont unanimes à demander la révision de la nouvelle grille des salaires «qui ne répond nullement aux attentes des travailleurs».
Ainsi, la Coordination des syndicats autonomes réussira-t-elle à mobiliser les fonctionnaires? La réponse sera donnée aujourd´hui. Il faut rappeler dans ce contexte l´échec de la grève du 10 mai 2006 organisée par l´Intersyndicale de la Fonction publique.
Celle-ci n´avait pas eu d´écho favorable de la part des travailleurs des différents secteurs. L´Intersyndicale n´avait pas réussi à mobiliser les fonctionnaires malgré l´union des représentants syndicaux puisque les fonctionnaires ont répondu timidement à l´appel. Il faut souligner que cette grogne sociale trouve son origine dans la polémique soulevée au niveau du gouvernement sur l´augmentation des salaires.
L´on se rappelle que Ahmed Ouyahia alors chef de gouvernement à l´époque, s´était opposé à toute augmentation laquelle, avait-il argumenté, «doit être le résultat d´une croissance économique».
Pour M.Ouyahia, notre pays doit impérativement s´aligner sur les standards internationaux qui font des indicateurs économiques, les référents en matière de politique salariale.
Par contre, le chef du gouvernement, M.Abdelaziz Belkhadem, a réussi à convaincre le président de la République de la hausse des salaires et avait annoncé en septembre 2007 l´augmentation. Annonce qui avait alors désamorcé une rentrée sociale explosive mais qui était jugée insuffisante.
En fait, Belkhadem n´a fait que casser le thermomètre pour faire baisser la température.
L´annonce n´a fait que retarder cette crise. Les observateurs estiment que l´augmentation décidée ne règle pas les problèmes soulevés par les syndicalistes.
Selon ces derniers, une solution plus judicieuse consistant à augmenter le Snmg aurait pu contenir la grogne des travailleurs.

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