EN DÉCIDANT D’IMPORTER LE MÉDICAMENT GÉNÉRIQUE
L’Algérie torpille sa production nationale
Un coup vient-il d’être porté à la production pharmaceutique? C’est ce qu’estiment les producteurs privés.
Etrange note que celle envoyée par le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière aux producteurs locaux de médicaments génériques. Dans cette note, la tutelle exige de ces producteurs de signer un engagement au terme duquel ils souscrivent à ce que 45% des produits médicamenteux importés soient des génériques. Voici la note, telle que transmise par le ministère de la Santé aux importateurs: «Je m´engage à mettre en oeuvre l´ensemble des moyens et actions nécessaires me permettant d´atteindre l´objectif de 45% de médicaments génériques importés au cours de l´exercice 2008. Je certifie avoir pris connaissance que cet objectif fera l´objet d´une évaluation par les structures habilitées du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière qui me sera opposable et notifié.»
Cette note n´a pas été sans soulever l´ire des producteurs locaux de médicaments génériques. Ils estiment, à l´unanimité, que cette initiative -que la tutelle tente, vaille que vaille, de leur imposer- ne vise qu´à porter un coup fatal à la production locale. «C´est mathématiquement irréalisable et moralement inacceptable», s´insurge le secrétaire général de l´Union nationale des opérateurs de la pharmacie (Unop), Nabil Mellah. «C´est de l´extrême absurdité, et à plus d´un titre», ajoute notre interlocuteur. «Tout d´abord, de par ce genre d´engagement que le ministère de la Santé veut nous imposer, c´est la santé du citoyen qui est mise en gage. Ce qui est d´ailleurs d´une extrême dangerosité», lance M.Mellah sur un ton d´énervement. Comment? «Si nous refusons de signer la note, le ministère de la Santé s´arrêtera, purement et simplement, de nous remettre les programmes de l´importation des médicaments.
Une façon de nous imposer sa stratégie. Et suivant ce cheminement tracé par la tutelle, on se dirigera incontestablement vers la rupture des stocks, et c´est, en premier lieu, la santé du citoyen qui sera alors mise en jeu
», explique Nabil Mellah. Notre interlocuteur soutient, en outre, que cette décision «est une mise à mort de la production locale. D´autant plus que, actuellement, 95% des opérateurs locaux fabriquent des médicaments génériques sans l´aide de l´Etat». Il faut dire que l´impitoyable mesure qui commence d´ores et déjà à menacer les producteurs locaux a été pressentie depuis belle lurette.
La sonnette d´alarme, quant à la nécessité de stopper l´importation des médicaments déjà produits localement, a été tirée depuis bien longtemps. Toutefois, les autorités chargées de ce dossier complexe ne semblent pas accorder assez d´importance aux appels lancés par les producteurs algériens. A travers ce genre de décisions, ce sont les producteurs locaux qui sont pénalisés, voire obligés de mettre la clé sous le paillasson, au profit des laboratoires étrangers qui en feront leurs choux gras. Il faut rappeler que la facture de l´importation des médicaments s´élève à 1,4 milliard de dollars. Trop cher. Justement, le ministre de la Santé, Amar Tou, vise certainement à réduire ce coût et faire gagner au Trésor public quelques millions de dollars, en procédant à l´importation de médicaments génériques. Un calcul établi sans se soucier de la santé du citoyen qui continue à pâtir des prestations de services constatées au niveau des hôpitaux.
Pour le secrétaire général de l´Union nationale des opérateurs de la pharmacie, «cela ne peut être un simple chantage. Sinon comment peut-on expliquer une pareille décision qui, de surcroît, ne fera que porter atteinte à l´économie nationale». Nabil Mellah estime que cette mesure va à l´encontre des règles commerciales élaborées par l´Organisation mondiale du commerce (OMC) auquelle l´Algérie veut adhérer. Lesquelles règles interdisent à l´Etat de s´immiscer dans la stratégie commerciale des importateurs. Une question se pose désormais: qui veut porter atteinte à la production pharmaceutique nationale? Une question qui restera certainement, et pour longtemps encore, sans réponse.

- DANS UN SCRUTIN PLURALISTE INÉDIT
Les Egyptiens élisent un successeur à Moubarak - Mali: les partisans du chef putschiste Sanogo le désignent «président de la transition »
- IL EST PRESSENTI POUR LE POSTE DE PREMIER MINISTRE
L'effet Ghoul - PRÉSIDENTIELLE 2014
A la recherche du successeur de Bouteflika - SANOGO, CHEF DES PUTSCHISTES MALIENS
Ses partisans le désignent «président de la transition»







Réagir à cet article