LES TRAFIQUANTS CIBLENT LES CÉRÉALES
La mafia du blé sévit à Oran
Des camions chargés de cette précieuse marchandise sont délestés de leur cargaison.
C´est juste à la sortie du port d´Oran que le guet-apens est tendu. Un endroit propice puisqu´il se situe à un virage où les automobilistes sont obligés de ralentir considérablement. L´endroit est idéal pour mettre en oeuvre ce plan diabolique. Un coupe-gorge. Les malfrats sortent de l´ombre. Ils bondissent tels des fauves sur leur proie. En un temps record, les chauffeurs de camions immobilisés sont maîtrisés, tétanisés par la peur. Les sacs de blé sont aussitôt jetés à terre et embarqués sur d´autres véhicules, alors que certains d´entre eux, éventrés à cause du choc qu´ils ont subi, gisent à même l´asphalte. L´information a été divulguée, hier soir, par la Radio nationale. Un reportage de la correspondante de la Chaîne III à Oran. Les sacs de blé changent ainsi de destination et roulent vers des lieux inconnus. Existe-t-il une enquête en cours? Les services de sécurité sont certainement sur le coup. Aucune information supplémentaire ne semble toutefois avoir circulé encore. Ce nouveau fléau prend de l´ampleur. Un nouveau filon. Juteux certainement. Sinon à quoi bon s´exposer à autant de risques. Les criminels sont réputés pour le sang-froid avec lequel ils agissent. Le masochisme, ce n´est point leur tasse de thé. La machine semble bien huilée. Elle est organisée. les renseignements dont elle dispose sont précis. Ils permettent la mise en place du scénario des attaques selon un timing réglé comme une horloge suisse. Ces opérations, menées de manière un peu trop téméraires, doivent, en toute logique, bénéficier de complicités. Une hypothèse qui est réservée à l´enquête qui nous en dira un peu plus. Tout indique, toutefois, et fait croire que la naissance de la mafia du blé vient d´être signée. Quant à la saignée c´est encore une fois, à l´économie nationale de la subir. La facture des importations céréalières (blé, semoule, farine) avoisine 1,9 milliard de dollars pour uniquement le premier semestre 2008. Le marché national du blé, qui a été fortement chahuté ces derniers mois, malgré les assurances de l´Office interprofessionnel des céréales. Les stocks de blé «peuvent couvrir les besoins du marché national pour l´année 2008 et au-delà», avait déclaré, le 2 juin 2008, Kassem Mohamed, directeur général de l´Oaic. Cette bonne nouvelle a cependant, été tempérée lorsque vers la mi-juillet de l´année en cours, les services du ministère de l´Agriculture ont laissé planer le risque d´une rupture de stocks d´ici 12 mois. La facture de nos besoins en céréales doit atteindre les 2 milliards de dollars cette année. Le blé qui est une denrée en Algérie doit être dans le collimateur des spéculateurs, encore plus de la mafia. La connexion entre ces deux catégories n´est pas à exclure.

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