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CONSTANTINE

Agression en plein jour

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Mardi, 16h. Les Constan-tinois s´apprêtent à rentrer chez eux pour préparer le ftour. Tout semblait normal. Personne ne se doutait qu´un drame se produisait à ce moment-là. Un jeune, la vingtaine, venait de se faire poignarder au dos par des inconnus qui ont surgi de nulle part.
La scène s´est produite juste en face du marché de Saint-Jean, plus exactement à la station de taxis. La panique est totale. On crie de partout. Une foule immense s´est rassemblée autour de la victime gisant dans une mare de sang, indifférente puisqu´aucun automobiliste n´a daigné accepter de transporter la victime à l´hôpital. Ses amis tentaient de le maintenir en vie. Il perdit beaucoup de sang. Son visage blêmit de plus en plus. Les secours tardaient à arriver. Aucun des présents ne voulait le secourir. Ils se contentaient de regarder la mort en direct. Non-assistance à personne en danger. La circulation est bloquée. Les secours, appelés par téléphone, n´arrivent toujours pas.
Les présents, ceux qui ont été subjugués par la scène, commencent à dénoncer la lenteur des secouristes, que ce soit du Samu ou de la Protection civile. Champions de la parlotte mais pas des actes. D´autres tentent tant bien que mal d´arrêter le saignement. Des jeunes usent de leurs vêtements comme compresses. Habituellement, le boulevard de Saint-Jean connaît une présence assez importante d´agents de l´ordre public.
Paradoxalement, aucun n´est présent au moment de l´agression. Les secours se font toujours désirer. Enfin deux 4x4 de la police judiciaire pointent le bout de leurs pare-chocs. Ils avançaient difficilement. La circulation est dense. La victime gît toujours par terre. Cela fait quinze minutes qu´il perd son sang. Arrivés, enfin, sur les lieux, les policiers prennent les choses en main.
Le jeune souffrait toujours à même le sol. Les policiers tentent de mettre de l´ordre. «Qu´est-ce qui vous empêche de transporter la victime à l´hôpital?», nous sommes-nous permis d´interroger l´un des policiers. La réponse était claire, nette et précise: «C´est le règlement, on n´a pas le droit d´intervenir dans ce sens, c´est contre les procédures», répondait-il tout en relevant l´inexistence d´une bande jaune d´urgence à même de permettre aux secours d´arriver en temps réel d´autant que le stationnement était anarchique. Et d´ajouter qu´«on ne peut pas imposer à un particulier de prendre cette responsabilité. En cas de décès, les choses peuvent prendre une autre tournure». Ce n´est que vingt minutes, après le drame, que l´ambulance arrive. Il s´en sortira, soutient un policier. La victime est emmenée à l´hôpital. La foule est dispersée. La violence s´est réinstallée à Constantine. Plus de 540 agressions ont été enregistrées au courant de ce mois de Ramadhan, soit en moyenne 45 agressions par jour.

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