OUYAHIA RECEVRA DEMAIN LE FORUM DES CHEFS D’ENTREPRISE
Le patronat revendiquera une amnistie fiscale
Le traitement qui devrait être réservé à l’entreprise ne doit pas être calqué sur celui des exploitations agricoles.
Les dossiers traités lors de cette rencontre seront nombreux et tous axés sur la situation de l´entreprise. Devant le Premier ministre, le Forum compte remettre sur la table des discussions, le dossier lié à la perte de change et non celui de l´effacement des dettes comme cela a été le cas pour le secteur de l´agriculture, nous a indiqué une source proche de cette organisation. La perte de change continue d´étouffer les sociétés privées. Aussi, méritent-elles un traitement similaire à celui prodigué aux entreprises publiques. C´est cette politique du deux poids, deux mesures, que les entrepreneurs tenteront de réexaminer lors de cette rencontre. Pour ce faire, les patrons comptent solliciter des aménagements de la fiscalité s´appliquant aux sociétés pour aboutir à son allègement. L´amnistie fiscale sera aussi une revendication que le patronat transmettra au Premier ministre. Si ce dernier répond favorablement, la mesure serait susceptible de conduire à un redéploiement des entreprises, nous a-t-on indiqué auprès du FCE. Sur ce point, le président du Conseil national du patronat algérien (Cnpa), Mohand Saïd Naït Abdelaziz, estime que le traitement qui devrait être réservé à l´entreprise ne doit pas être calqué sur celui des exploitations agricoles. D´ailleurs, ce n´est pas l´effacement des dettes qui est visé par le Cnpa mais plutôt leur allégement. Il ne s´agit pas, non plus, d´une mesure généralisée, mais d´une étude au cas par cas.
Ce «geste» est attendu des pouvoirs publics, même si le président de ce syndicat patronal est conscient qu´il resterait encore à définir les mécanismes de cette démarche. Il n´exclut pas la possibilité de transmettre des propositions à ce sujet au Premier ministre et au président de la République. Enfin, le Cnpa partage avec le FCE l´idée selon laquelle il faudrait assouplir les conditions d´accès au crédit bancaire. Parmi les pistes avancées figure la baisse du taux d´intérêt situé à hauteur de 4,5% pour l´investissement et entre 7 et 8% pour les opérations du commerce extérieur.
L´autre point qui sera abordé lors de la rencontre avec le Premier ministre concernera la recherche de moyens pour aboutir à la facilitation de l´accès au crédit bancaire, qui est un thème récurrent dans la rhétorique du forum. Dans ce cadre, le FCE n´attend pas des évolutions fondamentales pour le financement du secteur à travers le Fonds national d´investissement, installé dimanche dernier. On estime au forum que son action sera surtout dirigée vers le secteur public. Selon l´organisation patronale, ce n´est pas en transformant la Banque algérienne de développement (BAD) en Fonds que les problèmes de l´entreprise seront réglés, car celle-ci a surtout besoin d´efficience des engagements publics. Invité à s´exprimer sur l´opportunité de la création de ce Fonds, Mohand Saïd Naït Abdelaziz souligne que son action devrait être étendue au financement du secteur privé. Il y voit une formidable occasion pour donner un coup de pouce au financement des PME. Le Fonds pourrait aussi jouer un rôle de garantie des financements pour suppléer au Fonds de garantie de la PME (Fgar) qui ne serait pas trop sollicité par les patrons, selon Naït Abdelaziz.

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