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APRÈS UNE CAVALE DE PRÈS DE 30 ANS

Abou Nidal est retrouvé mort à Bagdad

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Il était, avec le terroriste vénézuélien Carlos, l’homme le plus recherché de la planète.

Le chef du Fatah-Conseil révolutionnaire, Sabri al-Banna, connu sous son nom de guerre d´Abou Nidal, a été retrouvé mort par balles dans son appartement à Bagdad, ont annoncé hier, deux hauts responsables palestiniens à Ramallah qui ont requis l´anonymat. Selon ces sources, Abou Nidal, 65 ans, «se serait suicidé». Son corps a été retrouvé, touché par plusieurs balles. Le journal palestinien Al Ayyam avait été le premier à annoncer la mort d´Abou Nidal dans son édition d´hier, en affirmant qu´il était mort il y a trois jours à son domicile, sans autres précisions.
Les responsables cités plus haut déclarent avoir été informés de la mort d´Abou Nidal par des sources se trouvant à Bagdad. A Bagdad, l´ambassadeur adjoint palestinien Nejah Abdul-Rahman, a déclaré ne rien savoir de ce qu´il a qualifié de rumeur.
Le porte-parole d´Abou Nidal, Ghanem Saleh, a déclaré, depuis le Liban, qu´il avait seulement entendu les actualités et n´avait aucun commentaire à faire. De son côté, le chargé d´affaires palestinien à Bagdad, interrogé par l´AFP, a affirmé ne disposer d´aucune information à ce sujet. L´Irak n´a jamais reconnu qu´Abou Nidal se trouvait sur son territoire. Abou Nidal était à la tête du Fatah-Conseil révolutionnaire et avait quitté l´Organisation de libération de la Palestine (OLP) en 1974, la jugeant trop modérée. Dans la même année, en octobre, Abou Nidal a été condamné à mort par contumace par un tribunal militaire du Fatah pour «détournement de fonds». Sa faction est considérée comme responsable de plusieurs attentats contre des cibles proche-orientales, européennes et américaines, qui ont fait plusieurs centaines de morts dont des responsables de l´OLP. En 1982, sa faction avait tenté d´assassiner l´ambassadeur d´Israël à Londres, ce qui avait déclenché l´invasion du Liban par Tsahal. Les activités de son mouvement visent d´abord les régimes arabes, notamment la Jordanie et la Syrie: attentats contre les hôtels Sémiramis et Intercontinental à Damas et Amman, contre les ambassades syriennes en Italie et au Pakistan en 1976. Il se livre également à des opérations meurtrières contre des intérêts juifs: attentat contre un groupe d´enfants à Anvers (1980), contre une synagogue à Vienne (1981), tentative d´assassinat de l´ambassadeur d´Israël à Londres (1982).
Abou Nidal est mis en cause par la France dans l´attentat antijuif de la rue des Rosiers, qui a fait 6 morts et 22 blessés en 1982 à Paris.
En 1983, après les restrictions imposées par l´Irak, Abou Nidal s´installe à Damas puis, deux ans plus tard dans la plaine de la Bekaâ, au Liban. Sa mort est annoncée en 1984. Mais un an plus tard, il dresse, dans une interview à l´hebdomadaire allemand Der Spiegel, sa propre liste des personnalités à abattre: Ronald Reagan, Margaret Thatcher, Hosni Moubarak.
Son groupe se manifeste à nouveau en revendiquant en décembre 1985 les sanglants attentats contre les comptoirs de la compagnie israélienne El Al aux aéroports de Vienne (3 morts) et Rome (15 morts et 100 blessés).
En marge d´une réunion du Conseil national palestinien (Parlement de l´OLP) en avril 1987 à Alger, à laquelle il ne participa pas, Abou Nidal reprend contact avec l´entourage d´Arafat et assure que désormais «aucun Palestinien ne sera touché» par son mouvement.
Mais Abou Iyad, compagnon d´armes d´Arafat, est assassiné en janvier 1991 à Tunis. L´OLP arrête le meurtrier qui avoue avoir agi sur ordre d´Abou Nidal. Maintes fois condamné à mort, la dernière fois en Jordanie le 3 décembre dernier (pour le meurtre d´un diplomate jordanien à Beyrouth en 1994), Abou Nidal a toujours échappé à ses ennemis.
L´un des épisodes les plus mystérieux de sa vie aura été un bref passage au Caire en 1999 - catégoriquement démenti par les autorités égyptiennes - où il aurait été soigné pour des problèmes cardiaques et un cancer.
Sa trace se perd ensuite en Irak, qu´il aurait rejoint via l´Iran, les autorités irakiennes refusant de reconnaître sa présence à Bagdad.
Selon un spécialiste du terrorisme international, M.Jacquard, responsable de l´Observatoire international du terrorisme, l´organisation d´Abou Nidal «n´existait quasiment plus, elle ne mène plus d´opération depuis longtemps. Car le Fatah-CR a considéré qu´il n´y avait plus d´avenir dans le terrorisme palestinien, Arafat contrôlant le mouvement. Peu à peu, il est devenu un mouvement de racket, qui rançonnait les dirigeants du Golfe. Puis curieusement, il s´est quasi autodilué, notamment dans des règlements de comptes» internes. Abou Nidal souffrait en outre depuis plusieurs années d´un cancer, ajoute-t-il, se disant «surpris» de cette mort.
«Abou Nidal était déjà quasi mourant, il s´agit peut-être d´un règlement de comptes entre eux», dit-il, évoquant «un gros contentieux financier et un énorme trésor de guerre».

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