TENUE DE LA TRIPARTITE EN AUTOMNE
Un pari difficile pour Ouyahia et Sidi Saïd
Établir un barème qui réponde aux attentes des travailleurs, arrange le patronat et n’affaiblisse pas le Trésor public, est une équation difficile à résoudre.
Le gouvernement, l´Ugta et le patronat seront-ils au rendez-vous de la tripartite? Les 46 statuts de la Fonction publique seront-ils achevés d´ici quelques mois? Le responsable de la communication de la Centrale syndicale, Aït Ali, contacté par nos soins, reste optimiste: «J´espère qu´on réglera tout ça avant les délais», a-t-il estimé ajoutant: «Cela dépendra de la Fonction publique».
Le chargé de communication assure que la Centrale syndicale a soumis tous les statuts à la Fonction publique. «Il ne reste que quelques secteurs qui ne sont pas très importants», a-t-il affirmé en précisant que ces derniers ne dépassent pas le nombre de 10 statuts.
La Centrale syndicale, qui traînait le pas auparavant a accéléré la cadence, ces derniers mois. Celle-ci a bien saisi le message de Ouyahia qui a déclaré, lors de son passage à l´APN, qu´il n´accepterait pas de chantage sur le dos des travailleurs et qu´il refuse que les travailleurs soient pris en otage.
D´ailleurs, le représentant de l´Ugta reconnaît qu´il n´y a pas longtemps on parlait seulement de 18 statuts particuliers achevés? mais ce retard a été récupéré ces derniers temps. Actuellement, la balle est dans le camp de la Fonction publique qui examine les statuts et leur conformité avec la loi. «Ça traîne beaucoup plus au niveau de la Fonction publique», a-t-il révélé. Peu importe le fautif, les trois partenaires sont responsables de la préparation de la tripartite avant fin 2009.
Le président de la République a donné le mot d´ordre. Le communiqué de la Présidence indique que le chef de l´Etat «a instruit le gouvernement de tirer profit de la prochaine réunion de la tripartite prévue à l´automne prochain et qui, outre le relèvement annoncé du salaire minimum garanti sur lequel elle se penchera, devra contribuer à mobiliser davantage les représentants des travailleurs et les organisations patronales nationales autour de cet effort d´intensification du développement de l´outil productif, conformément au Pacte national économique et social conclu voilà trois années». Donc, la tripartite est inévitable. Elle doit avoir lieu avant la fin de l´année en cours.
Les partenaires n´ont pas le choix. Ni retard ni tergiversations, ils sont appelés à statuer sur les deux dossiers sensibles, à savoir l´augmentation du Snmg et l´instauration du nouveau régime indemnitaire. Ces derniers devront se plier en quatre pour être au rendez-vous.
La question du Snmg n´est pas une mince affaire. Etablir un barème qui réponde aux attentes des travailleurs qui arrange le patronat et n´affaiblisse pas le Trésor public, est une équation difficile à réaliser. Ce point fera l´objet de longues négociations. «Les discussions avancent normalement avec les autres partenaires», a déclaré M.Aït Ali.
Le patronat a déjà constitué des commissions qui formuleront des propositions lesquelles seront soumises à la prochaine tripartite. Avec la crise finanicère internationale et la baisse de la productivité, il sera très difficile d´arracher une augmentation telle qu´elle est espérée par l´Ugta. Le patronat estime que cette augmentation ne doit pas être isolée du contexte économique, notamment de la notion du pouvoir d´achat et celle de la productivité. Ainsi en plus de l´augmentation du Snmg, les travailleurs verront enfin les augmentations liées aux indemnités attendues depuis deux ans. Ces hausses viennent compléter celle effectuée en avril 2007.

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