ALORS QUE LE GOUVERNEMENT EST EN CONGÉ
Le front social en ébullition
Les grands dossiers sont mis sous le coude pendant 15 jours.
C´est un secret de polichinelle. Depuis jeudi dernier, le staff gouvernemental est en congé pour 15 jours. Le hic est que nombre de dossiers lourds restent en suspens. Présentation du contexte qui annonce une rentrée sociale houleuse. La grippe porcine, la canicule, les problèmes de transport, le mois de jeûne et de toutes les surenchères commerciales, rentrées scolaire et universitaire à haut risque et un secteur de la santé malade. Le décor est planté.
Depuis le 20 juin dernier, 15 cas de grippe porcine ont été confirmés. Le dernier en date le fut à Tissemsilt. «Il s´agit d´une fillette de 9 ans. Résidente en Angleterre, cette petite fille est venue passer les vacances en Algérie» a expliqué M.Belkessam, chargé de la communication au ministère de la Santé. La probabilité de voir la grippe A/H1N1 se propager se précise au fur et à mesure que la saison automnale approche. Cela dit, la crise qui couve entre les syndicats autonomes de la santé et la tutelle concernée risque d´éclater au grand jour, à la faveur de la rentrée sociale.
En effet, les praticiens et les docents de la santé publique n´excluent pas de recourir à la contestation syndicale. La non-promulgation des statuts particuliers pour les médecins, spécialistes, généralistes ou ceux qui poursuivent des cycles de spécialisation dans les hôpitaux en est la cause. Idem pour le Syndicat nationale des psychologues. Joint, hier, au téléphone, Keddad Khaled, président du bureau national du Snapsy nous a indiqué: «Nous attendons la publication de nos statuts particuliers dans le Journal Officiel. Cela devrait se faire cette semaine ou, au plus tard, la semaine prochaine.»
En tout état de cause, M.Keddad n´exclut pas le recours à la protestation si tel n´aurait pas été le cas (publication du statut du psychologue). D´autant plus que «la tutelle nous a informés, le 16 juin dernier, que les statuts ont été adoptés en Conseil de gouvernement. Depuis, nous sommes en situation d´attente». Autre préoccupation, le régime indemnitaire. Sur ce sujet, M.Keddad signale: «On nous a promis d´ouvrir des négociations sur le régime indemnitaire au lendemain de la présidentielle».
Autant dire qu´au ministère de la Santé, il est impératif de fixer un échéancier pour des négociations qui pourraient désamorcer un conflit en vue.
A l´Education, la situation n´est guère meilleure. Preuve en est, M.Noui El Arbi du Conseil national autonome des professeurs de l´enseignement secondaire et technique (Cnapest) a affirmé: «Nous revendiquons l´ouverture des négociations avec le ministère de l´Education, en présence des institutions et directions concernées.» Pour ce syndicaliste, «les tractations doivent porter sur la révision du régime indemnitaire». Ce faisant, le représentant du Cnapest a réfuté l´argumentation du ministère, selon laquelle «les effets de la crise mondiales imposent une rationalisation des dépenses de l´Etat». Pour ce dernier, «cet argument n´est nullement convaincant dans la mesure où les hauts responsables de l´Etat et députés ont bénéficié des augmentations considérables». Le département de Benbouzid est appelé a trouver une solution à un conflit qui peut perturber la rentrée scolaire. Sur un autre plan, nous relevons qu´à l´approche du mois de Ramadhan, les prix des produits agricoles de grande consommation connaissent une augmentation vertigineuse.
Face à cette situation, le ministère de l´Agriculture compte sur le Syrpalac. Ce système repose sur le stockage et le déstockage des produits agricoles afin de réguler le marché national.
Au demeurant, la maîtrise des prix ne peut être assurée sans l´intervention du ministère du Commerce. Qu´attendent donc ces deux départements pour coordonner leurs efforts afin de lutter contre la spéculation, en particulier à quelques encablures du mois sacré de Ramadhan?

- PRÉSIDENTIELLE 2014
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