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REBONDISSEMENT DANS L’AFFAIRE BEN BARKA

Les généraux marocains dans le viseur d’Interpol

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Quatre mandats d’arrêt internationaux ont été diffusés contre les hauts responsables militaires du Royaume marocain.

L´affaire Ben Barka mine toujours le Royaume marocain. En effet, des hauts militaires marocains qui seraient impliqués dans la disparition de l´opposant au régime marocain, à l´époque du roi Hassan II, Mehdi Ben Barka enlevé en 1965, sont recherchés par Interpol. Le bureau central de cette institution a diffusé quatre mandats d´arrêts internationaux. Leur diffusion intervient à la suite d´un feu vert donné par le ministère français de la Justice, a rapporté la presse française parue hier. Ces mandats d´arrêt, émis par la France, visent les grosses pointures de la gendarmerie royale, ainsi que les services de renseignements militaires de Sa Majesté. Patrick Ramaël, juge français chargé du dossier, a cité dans son rapport, les noms de grosses têtes. Le puissant chef de la gendarmerie royale marocaine, Abdelkader Kadiri, ancien patron de la Direction générale des études et de la documentation (Dged, renseignements militaires), est cité en vedette, aux côtés du général Hosni Benslimane, chef de la gendarmerie royale marocaine. Les deux autres «wanted» par Interpol sont Miloud Tounsi, alias Larbi Chtouki, un membre présumé du commando marocain auteur de l´enlèvement, et Abdelhak Achaachi, agent du Cab 1, une unité secrète des services marocains.
A noter que le juge Ramaël avait lancé au total cinq mandats d´arrêt en octobre 2007, mais le cinquième, visant un autre membre du Cab 1, n´a pas été relayé au niveau international en raison d´un problème de vérification d´identité, a confié une source proche du dossier à l´AFP. Selon la même source, les quatre mandats ont été signés, le 22 octobre 2007, par le juge parisien Patrick Ramaël. Ce qui a coïncidé avec la visite officielle effectuée par le président français, Nicolas Sarkozy, au Maroc. «Ces mandats avaient été diffusés à l´époque sur le territoire national mais avaient été bloqués au niveau européen et mondial», a rapporté l´AFP, citant Me Maurice Buttin, avocat de la famille Ben Barka. Ce dernier a expliqué, également, que ces mandats «avaient été diffusés à l´époque sur le territoire national mais avaient été bloqués au niveau européen et mondial».Ainsi, Interpol a notifié les mandats d´arrêt sous forme d´«avis de recherche internationaux à des fins d´extradition», communément appelés «red notices». En vertu de ces mandats d´arrêt, les personnes concernées risquent d´être interpellées et arrêtées dès qu´elles quittent le sol marocain. Bachir Ben Barka, fils de Mehdi, n´a pas cessé de souhaiter que la lumière soit faite un jour sur cette question et la justice punira les auteurs. La famille de Ben Barka et son avocat ne ratent pas l´occasion de dénoncer ce qu´ils qualifient de lenteur de la justice marocaine dans le traitement de cette affaire, 42 ans après. Le Royaume chérifien invente tous les obstacles pour empêcher la vérité d´éclater. Pour cause, la justice marocaine tente de faire barrage à toutes les démarches d´investigation que pense prendre le magistrat français. Il y a quelques années, la justice française a tenté de faire annuler le déplacement de ce magistrat au Maroc, toujours dans le cadre de son enquête. Ce dernier a souhaité interroger une quinzaine de personnalités, entre civils et militaires, de haut rang. D´après les témoignages de la presse française, ce magistrat n´avait pas la possibilité de visiter l´ancien centre de détention secret «PF3», où se trouverait la tête de la victime. Ben Barka, chef de file de l´opposition marocaine en exil, et figure emblématique du tiers-mondisme des années 60, a disparu le 29 octobre 1965 devant la brasserie Lipp à Paris, lors d´une opération menée par les services de renseignements marocains du roi Hassan II, avec la complicité de policiers et de truands français. Cette disparition a donné lieu à de multiples rebondissements et à quelques condamnations, insuffisantes selon les proches de Mehdi Ben Barka qui ont toujours mis en cause Hassan II. Le roi, décédé en 1999, affirmait pour sa part qu´il s´agissait d´une affaire «franco-française». Elle n´a jamais été totalement élucidée malgré deux instructions judiciaires: le corps de Ben Barka n´a toujours pas été retrouvé et les conditions de sa disparition n´ont pas été établies.

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