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BOUIRA

30 familles en danger

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Les habitants de «Antrane», situé au-dessous d’un viaduc, vivent avec la peur qu’un engin leur tombe sur la tête.

Un hameau d´habitations, bidonville semblable à la «favela» brésilienne, abritant une trentaine de familles, continue à ternir l´image du chef-lieu de wilaya. Les habitants du site, situé à l´entrée sud de la ville, font face aux dangers de la voie ferrée à l´ouest, du viaduc de l´autoroute Est-Ouest et l´oued Hous au nord.
Les occupants du site «Antrane» vivent dans des conditions indignes d´un pays indépendant depuis plus de 55 ans. Les maisons érigées à la hâte n´ont aucune fondation. Les murs dont la hauteur ne dépasse pas les deux mètres sont en parpaing. Les toitures se résument à des tôles en amiante. L´électricité branchée anarchiquement représente un autre danger surtout qu´un même compteur alimente plus de dix maisons.
Aucun accès aménagé ne dessert ce lieu. Les eaux usées se déversent en plein air à quelques mètres des taudis mettant sérieusement en danger les enfants qui y pataugent.
Il y a quelques mois, l´Assemblée populaire communale voulait ester les occupants en justice pour les déloger par la force de la loi.
Cette tentative qui n´avait pas pris en compte la situation des concernés, a vite été ajournée en raison de l´approche de l´hiver.
Le premier responsable de la wilaya s´est saisi du dossier et avait ordonné le recasement des sinistrés dans le cadre du programme de résorption de l´habitat précaire. L´espoir suscité par cette décision s´est vite évaporé puisqu´à ce jour, les occupants vivent au rythme des crues de l´oued qui, d´un moment à l´autre, peut sortir de son lit.
Quotidiennement, ces habitants prient Dieu qu´un engin empruntant le viaduc, situé à la sortie est de la ville sur l´autoroute Alger-Constantine, ne leur tombe sur la tête. Samedi dernier, un semi-remorque a quitté l´autoroute et s´est renversé sur l´accotement juste à la sortie de ce pont, long de plus de cent mètres et haut de plus de trente mètres.
Un dérapage peut, d´une minute à l´autre, venir faucher des familles entières. Les versions et les arguments pour justifier cette catastrophe, diffèrent d´un responsable à l´autre.
Pour bénéficier d´une habitation dans le cadre du RHP, qui, faut-il le rappeler, consiste en la construction d´une chambre, d´une cuisine, le reste sera à la charge du bénéficiaire, les occupants du site «Antrane», se sont vu exiger la somme de 350.000 DA comme apport personnel. Pour un autre responsable, c´est le fait qu´il existerait deux ou trois cas de personnes nanties, possédant des camions, parmi les occupants qui entravent la démolition et leur recasement.
«Ce qu´on raconte au wali sur nous est faux. Nous n´avons jamais refusé de partir, mais nous n´avons pas 35 millions. Et nous n´avons pas de semi-remorques», soutient un habitant
En attendant une décision définitive et un dénouement, les occupants continueront à guetter le temps et à suivre la météo, pour fuir une catastrophe certaine qui peut venir, soit du déraillement d´un train, soit de la crue de l´oued ou d´un dérapage sur l´autoroute.

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