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LE DR MOHAMMED EL KORSO DÉNONCE

«Nous n’avons pas accès à nos propres archives»

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«L´Histoire est la mémoire des peuples», dixit Ibn Khaldoun. Les archives déposées par Ali Haroun et Mohamed Harbi, au Centre des archives de Birkhadem, ne sont pas accessibles. «Nous n´avons pas accès aux archives dans notre pays», a regretté, hier, l´historien et ancien président de l´association 8-Mai 1945, Mohamed El Korso, lors d´une conférence historique en hommage aux événements tragiques du 17 Octobre 1961 à Paris. Plus grave encore, le conférencier a révélé, lors d´un conférence organisée au centre de presse d´El Moudjahid par l´association Machaâl Echahid en présence des anciens militants de la Fédération de France et des lycéens de la commune d´Alger-Centre, qu´«il est regrettable qu´on puisse consulter les archives de la police de Paris et qu´on ne consulte pas les archives déposées par Ali Haroun et Mohamed Harbi au Centre des archives de Birkhadem, sous prétexte que ces archives sont en voie de classement». Et d´ajouter: «L´Histoire n´a pas le temps, car si ce n´est pas nous qui l´écrivons, ce sont les autres qui le font et à leur manière.» Se voulant explicite, M.El Korso a précisé que «les archives constituent un fonds documentaire très important qui nous renseigne sur le regard que portait le comité fédéral durant l´époque coloniale» avant de s´interroger: «A-t-on peur de notre Histoire?» La restitution des archives a fait l´objet d´un litige entre l´Algérie et la France. L´Algérie n´a pas cessé, depuis des décennies, de réclamer son droit sur ces documents de portée historique transférés sur le sol français à l´indépendance de l´Algérie. Aussi, les anciens condamnés à mort ont demandé la restitution des archives. Pour eux, «la nécessité de la restitution des archives par la France, durant la période coloniale, est une exigence, car les archives constituent un témoin fidèle du passé, de la structure et de la vie des sociétés». Abordant les événements dramatiques du 17 Octobre 1961, Mohamed El Korso fera savoir que «Maurice Papon, préfet de police de Paris à l´époque, demeure le plus grand criminel de cet événement. Il est le stratège de la barbarie exercée à l´encontre de la communauté algérienne établie en France à l´époque coloniale». Pour rappel, le 17 Octobre 1961, une manifestation organisée par le Front de libération nationale algérien (FLN) en faveur de l´indépendance de l´Algérie à Paris a été violemment réprimée.
Des dizaines d´Algériens sont morts lors de la confrontation avec les forces de l´ordre alors dirigées par le préfet de police Maurice Papon. Certains d´entre eux ont été jetés dans la Seine. Les manifestants internés dans des centres de détention dans lesquels ils sont restés enfermés pendant quatre jours ont subi des sévices d´une violence extrême. De révélation en révélation, M.Korso a fait savoir que plusieurs livres écrits par des historiens français ont été occultés par la République française.

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