APRÈS LA SONELGAZ ET D’AUTRES ENTREPRISES STRATÉGIQUES
La bureaucratie bloque le train
Nul n’est au-dessus de la bureaucratie.
Le train ne démarrera pas de sitôt de Annaba en direction de Skikda.. Cette foi-ci la «grippe bureaucratique» a frappé de plein fouet le projet de modernisation de la ligne liant les deux wilayas. «Les travaux n´ont pas dépassé les 17%», ont indiqué les responsables de la Société nationale des transports ferroviaires (Sntf). Lancés en 2006, les travaux devaient être achevés vers la fin de l´année en cours. Et voilà que cette éventualité est remise aux calendes grecques. Les causes? Il faut les chercher, dans les dossiers qui se sont entassés sur les bureaux de tous les responsables concernés par le projet en question. Confirmation des responsables de la Sntf: «Ce retard est dû à plusieurs contraintes, essentiellement administratives.» Cela montre, si besoin est, que l´administration pèse lourdement sur le développement économique du pays. Et quand celle-ci tousse, tous les projets sont grippés. Ainsi, le 15 août dernier, M.Noureddine Bouterfa, président-directeur général de Sonelgaz, avait jeté un pavé dans la mare affirmant: «La Sonelgaz souffre de la bureaucratie.» C´est dire que même les entreprises stratégiques ne sont pas épargnées par les «flagellations bureaucratiques». A l´époque, la Sonelgaz essuyait des critiques acerbes sur les coupures d´électricité lors de travaux, notamment à Alger. Sur ce plan, M.Bouterfa avait fait une révélation qui a surpris plus d´un: «Au niveau de Birkhadem, la Sonelgaz cherche depuis cinq ans à réaliser un poste de distribution, en vain.»
En ce sens, les interventions du wali d´Alger n´ont été qu´un coup d´épée dans l´océan administratif. Apprécions cette donne: une entreprise classée catégorie A fait face à des difficultés administratives. Le premier magistrat de la capitale intervient en sa faveur. Résultat des courses: aucune avancée sur le terrain. L´explication est simple: nul n´est au-dessus de la bureaucratie. Ni les interventions ni les sommes colossales accordées aux projets ne semblent en mesure de dépoussiérer les tonnes de dossiers entassés dans les tiroirs. Sur ce plan, le projet de dédoublement de la ligne Annaba-Skikda risque de connaître le triste sort de tant d´autres qui l´ont précédé. Et ce n´est pas l´enveloppe qui lui a été octroyée qui permettra de débloquer la situation.
Doté d´une enveloppe financière de 26 milliards de DA, le projet s´étire sur une distance de 96 kilomètres. Les travaux sont pris en charge par une entreprise nationale et une autre espagnole. Pour résorber le retard accumulé, un «plan d´action» sera, probablement, mis en application dans les prochains jours. Ce plan verra la participation active de la Sonelgaz et du secteur de l´hydraulique. D´autre part, les directions du transport ferroviaire des wilayas de Annaba et de Skikda ont été chargées par la tutelle de prendre les mesures nécessaires à même d´assurer la bonne marche du projet qui permettra d´augmenter la vitesse des trains à 160 km/heure.
De telles promesses ne peuvent occulter des questions que d´aucuns pourraient se poser. Combien coûtera la dynamisation des techniques de déplacement des réseaux prévues dans ce plan? L´enveloppe octroyée sera-t-elle suffisante pour écourter les délais de réalisation? Et pour les retards accumulés dans les autres projets, à combien sont estimés les budgets alloués pour leur résorption? En fin, combien coûte la bureaucratie à l´économie nationale? En l´absence de statistiques fiables, les réponses sont remises à une date ultérieure.

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