TERRORISME
Bamako sous pression
Une zone à l’instabilité très prononcéeLe président malien va-t-il céder aux pressions exercées par «ses amis» français?
Les choses s´aggravent. Ce qu´on appelle Al Qaîda au Maghreb menace d´exécuter l´un des six otages détenus au nord du Mali. Le Mouvement de l´alliance démocratique du nord du Mali accuse le gouvernement de Bamako de passivité avec les terroristes. Alors que l´Europe s´inquiète et prend au sérieux la menace terroriste. Outre la libération avant le 30 janvier de quatre combattants détenus au Mali, la branche maghrébine d´Al Qaîda réclame une importante rançon pour libérer l´otage français, Pierre Camatte, enlevé fin novembre dans le nord du Mali. «Al Qaîda est en grande difficulté en Algérie», a rappelé à l´AFP depuis Paris, Louis Caprioli, sous-directeur à la Direction de la surveillance du territoire (DST) en France de 1998 à 2004, où il était chargé de la lutte antiterroriste. «Le Sahel est devenu une région stratégique pour elle, notamment sur le plan financier avec les demandes de rançons», a-t-il ajouté. C´est certainement la raison qui a poussé le chef de la diplomatie italienne à se rendre en Mauritanie dans le cadre d´une coopération antiterroriste et, comme indiqué dans notre édition d´hier, «l´erreur n´est plus permise». A Bamako, une personnalité proche du pouvoir analyse: «Al Qaîda tente d´entraîner le Mali et les Occidentaux dans le piège de la radicalisation. Ils cherchent à créer un nouveau front pour attirer la présence de forces étrangères qui, elles-mêmes, légitimeraient leur action.» Les contacts se multiplient entre le Mali, la France et l´Italie dont deux de ses ressortissants sont actuellement entre les griffes des criminels, et oeuvrent dans tous les sens pour une coordination. Si l´Espagne et l´Italie refusent de verser une rançon, l´Algérie ne reste pas les bras croisés, du fait que la nébuleuse opère aux frontières du Sud. En effet, le commandement de la 6e Région militaire et sous directive de l´état-major a décidé de renforcer ses opérations de ratissages aériens au niveau des frontières sud, notamment algéro-maliennes et algéro- mauritaniennes, régions où se concentrent les réseaux terroristes d´Al Qaîda. Les forces héliportées vont connaître une activité sans précédent afin de préserver le territoire national. Surtout que le risque d´infiltration de groupuscules terroristes n´est pas à écarter. Selon des sources bien informées, les services de sécurité algériens détiennent des renseignements sur le mouvement des terroristes au niveau de ces régions. Cependant, le manque de précision empêche une intervention militaire directe. Et c´est dans ce sens qu´une coopération entre la Mauritanie, l´Algérie et le Mali est plus que nécessaire. Il est question aussi, selon un quotidien national arabophone, outre l´implantation de plusieurs bases militaires, de l´installation d´une base aérienne.
Consciente de la menace terroriste près de ses frontières, l´Algérie veut contribuer à sécuriser la bande du Sahel devenue un lieu de transit et de prédilection des réseaux terroristes d´Al Qaîda. Le Mali était d´ailleurs l´un des points à l´ordre du jour de la visite, le 6 janvier à Paris, du général américain William Ward, patron du Commandement pour l´Afrique (Africom).

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