BOUTEFLIKA AU FESTIVAL MONDIAL DE LA JEUNESSE ET DE L’ÉTUDIANT
«Il y a une crise de confiance»
Sur le plan international, ce festival constitue le retour en force du pays dans le leadership des pays émergents. Sur le plan intérieur, le fait qu’il se soit déroulé sans incidents majeurs dit le retour de l’Etat dans la vie des Algériens.
En clôturant le festival, le Président de la République n´a pas manqué de souligner le décalage méthodologique entre cette jeunesse anti-impérialiste, sa pensée, son discours, ses actions, et l´ennemi commun, «cet impérialisme dont l´action et la philosophie marginalisent la grande majorité de l´humanité».
Développant sa pensée, le Président suggère à la jeunesse des axes de travail possibles: «La jeunesse de tous les pays souffre du chômage et de la mal vie. Elle est victime de mentalités qu´il faut changer, et d´un ordre international qui la pénalise par le biais d´un endettement insupportable pour la plupart des économies.»
Dans une allusion très claire aux tenants de l´internationalisation de la crise algérienne, à laquelle vient d´appeler récemment M. Kerboua, premier secrétaire du FFS, Bouteflika rappellera qu´«aucun étranger, quel que soit son statut, n´a le droit de s´ingérer dans les questions internes de l´Algérie. Le peuple algérien a, plus d´une fois, démontré, à travers son histoire, sa capacité à dépasser les crises qui le secouent en sauvegardant son unité.»
A travers cette affirmation, que le Président a martelée à plusieurs reprises, il semble proposer au peuple algérien deux constantes communes et inaliénables, à l´intérieur desquelles tout est négociable: Ce sont la souveraineté nationale et l´unité du peuple.
C´est dans cette optique que Bouteflika lancera un appel à la jeunesse algérienne pour un plus grand engagement et à «conjuguer ses efforts au service du pays, et faire face à nos ennemis communs.» Dans un appel du pied à la jeunesse de Kabylie, le Président dira sa foi en l´«amour indéfectible que tous les Algériens portent à leur pays, et même si chacun l´aime à sa manière, nul ne peut se permettre de porter atteinte à son image».
Ciblant toujours les manifestants, le président reconnaît qu´«il y a une crise de confiance et des idées préconçues» et prend l´engagement, devant les représentants de 151 pays, de tout faire pour qu´un tel état des choses change: «Le moment est venu d´ouvrir une nouvelle page et de tirer les enseignements qui conviennent à l´Algérie», toujours dans les limites de la souveraineté et de l´unité nationales, dans lesquelles le président inscrit le concept d´authenticité.
Revenant au festival, Bouteflika insistera auprès des jeunes du monde pour qu´ils revoient «certaines idées qui étaient valables dans les années 70 et 80, non en régressant, mais en se tournant vers l´avenir».
Il rappellera, dans une attaque contre le système économique imposé par les pays du G8, «l´iniquité qui caractérise les relations économiques internationales, structurées de telle manière que le pauvre soit de plus en plus pauvre, et le riche de plus en plus en plus riche.»
Le Président Bouteflika rappellera aux jeunes du monde que l´essentiel de leur combat à venir consistera à protéger le cadre de vie des générations futures, menacé par «une mondialisation qui accentue le déséquilibre écologique». Quant à la revendication traditionnelle du festival pour un «gouvernement et un parlement mondiaux», le Président laissera entendre que c´est en cours de réalisation par les grandes puissances de la planète, et que la lutte des jeunes devra s´orienter contre «les déséquilibres et l´iniquité sur le plan politique que connaît le monde, et qui marginalisent la majorité des pays.»
Malgré la relative faiblesse de l´organisation, les conditions sociales et sécuritaires défavorables, les manoeuvres de certaines délégations pour saborder le festival d´Alger, le travail de sape de certains courants politiques algériens, dont le MSP, par le biais de l´UGEL, son organisation estudiantine, malgré tout cela et d´autres choses encore, ou à cause de cela, le festival aura été non seulement une réussite, mais un tournant dans la vie et la philosophie du FMJE. Par la qualité des débats, la remise en cause de certains discours ronronnants, le ciblage de nouveaux objectifs, le festival se sera donné un nouveau souffle pour les prochaines éditions.

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