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L’ANNÉE DE L’ALGÉRIE EN FRANCE

«L’Algérie des peintres» de Marion Vidal-Bué

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Une oeuvre vient de paraître, première du genre, sur les peintres de l’Algérie.

Portant le label «Année de l´Algérie en France», l´Algérie des peintres (1830-1960) est un livre splendide. Dû à l´infatigable Mme Marion Vidal-Bué, à qui nous devons «Alger et ses peintres» paru chez les mêmes éditeurs en 2000 (et réédité depuis à trois reprises!), cet ouvrage se présente tant sur le plan iconographique (400 reproductions en couleurs) que du point de vue texte (d´une clarté ne manquant ni d´élégance ni de grâce) comme le «miroir» gémellaire du précédent. En neuf chapitres, qui sont autant d´étapes balisées (Alger, l´Algérois, Oran, Tlemcen, Constantine, les rives de la Méditerranée, les montagnes berbères...), le lecteur est invité à une pérégrination onirique ingénieusement menée.
Avec un savoir excluant toute pesanteur, le choix de l´approche historique suggéré dans le titre, s´est révélé ici un parti pris nécessaire. Une volonté de considérer la peinture comme une source de la mémoire d´un pays est évidente, car nul mieux que l´art ne constitue un irremplaçable outil d´investigation de l´Histoire et de son inévitable adjuvant, le politique.
Dans cette optique, l´étude de Mme Vidal-Bué s´appuie sur de nombreux documents, inédits ou, qu´on croyait connaître, impression trompeuse tant nous allons de surprises en (re) découvertes dans une mise en oeuvre somptueuse qui facilite le regard et la souveraine imagination. «La peinture est une poésie qui se voit», l´adage de Léonard de Vinci se vérifie à chaque page. Au-delà des diverses influences, écoles, institutions, et à travers métamorphoses et ruptures dans les techniques comme dans les thèmes, une matrice majeure et récurrente apparaît vite: il n´y a pas eu en Algérie une, mais des peintures qui ne sont guère le produit du sol. Les oeuvres inspirées sont toutes dérivées les unes des autres, et notamment de ces artistes pionniers que sont Delacroix et Fromentin. Hôtes de passage dans le sens double de ce mot, c´est-à-dire séjours brefs ou longs et transmission d´une «connaissance», ces peintres se sont nourris de l´espace algérien tout en alimentant sa future peinture.
«L´Algérie des peintres», à l´instar du premier volume de la série, est un livre-acte. On attend avec gourmandise le troisième volet annoncé pour février 2003 et réservé à «L´Algérie du Sud et ses peintres». Il parachèvera ainsi une trilogie qui constituera certainement une somme inégalée sur la peinture en Algérie, d´Algérie, algérienne.

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