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L’APRÈS-TERRORISME
Des lendemains sceptiques
24 Août 2001 Lu 102 fois
Bien que la violence terroriste continue à endeuiller le quotidien algérien, il n’en demeure pas moins que, déjà, se profilent à l’horizon des perspectives, les éléments de ce que d’aucuns appellent «l’après-terrorisme»
Mais il faut préciser que cette perspective a déjà ancré ses articulations dans l’immédiat que nous vivons. L’Algérie d’aujourd’hui fait face aux séquelles de dix ans de barbarie. Et les chiffres sont là pour témoigner de l’étendue de la catastrophe, de la profondeur de la blessure. Dans une étude publiée les 15 et 16 mai 2001, le Cnes (Conseil national économique et social) évoque le phénomène des enfants victimes du terrorisme dont les «taux de troubles psychiques post-traumatiques» dans des secteurs qui ont connu des attaques terroristes «sont supérieurs ou comparables aux pires qui ont pu être relevés au plus fort du conflit khmer au Cambodge». Des acteurs de la société civile, telle la Fondation Belkhenchir, luttent pour la défense et l’encadrement de cette enfance naufragé. On pourra aussi, étendre le champ d’analyse aux femmes victimes de viols et dont la progéniture future devra porter le sceau de l’infamie dans une société qui ne pardonne pas et qui ne fait nullement dans les nuances. L’autre dossier épineux concerne l’avenir des ex-terroristes qui se sont rendus dans le cadre de la loi sur la concorde civile. En effet, leur insertion sociale s’effectue dans un flou total et le risque de vendettas et autres règlements de comptes est des plus présents. D’ailleurs, la presse a fait état de cas de «repentis» mystérieusement assassinés... Mais le problème le plus criant, c’est le cas des disparus, dont les retombées s’intensifieront à mesure que la situation sur le terrain des opérations commence à se clarifier au profit des offensives des services de sécurité. Sur ce point précis, si la surenchère politicienne est évacuée, il est indéniable que ce dossier connaîtra une nette avancée salutaire. Sur le terrain de la lutte antiterroriste, des milliers de GLD se sont mobilisés. En 1998, Ouyahia, alors Chef du gouvernement, avait avancé le chiffre de 5000 groupes d’autodéfense. Des observateurs se sont, moult fois, interrogés sur l’avenir de ces groupes une fois finalisée la lutte contre les terroristes. Quelle reconversion possible à leur proposer? Sera-t-il facile de récupérer tout l’armement distribué en masse à la population civile? Autant d’interrogations dont les réponses dessineront une partie de l’esquisse de cette Algérie, qu’on attend, qu’on espère.
Adlène MEDDI

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