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APRÈS LA SÉRIE D’ATTENTATS CONTRE LES USA
De nouvelles donnes
16 Septembre 2001 Lu 44 fois
Le monde, à son corps défendant, reprend les thèses algériennes. Dans la douleur, dans le sang, dans la haine pour certains.
Il aura fallu que les USA soient touchés, plus que dans leur chair, dans leur fierté de seule puissance qui compte, pour que le monde se range enfin aux arguments de Bouteflika. Les nombreux voyages, souvent controversés, que le Président algérien a effectués depuis son élection, tendaient à briser l’isolement de l’Algérie, devenue un mouroir qui nourrissait les fantasmes sanguinaires d’une presse européenne en panne d’idées. Sur le plan intérieur, à travers les réactions encore indécises de la classe politique, se dessine un nouveau schéma de rapports entre les acteurs politiques et sociaux. Si la plupart des partis politiques algériens ont condamné sans réserve les attentats qui ont frappé les USA, il reste que la réaction du parti de Nahnah est entachée d’ambiguïté. Finies les condamnations tonitruantes du terrorisme intérieur. Le MSP ne veut pas s’aliéner l’internationale islamiste. Dans la rue algérienne, si beaucoup reprochent aux Etats-Unis leur politique pro-islamiste et leur soutien passé à des mouvements qu’ils qualifient aujourd’hui de terroristes, tels les taliban, tous les Algériens condamnent la violence et l’horreur du World Trade Center. On est loin de la période où à Alger, dans certains quartiers, l’annonce de l’assassinat du président Boudiaf avait été accueillie par des youyous. Avec l’alignement plus ou moins sincère, plus ou moins total, mais obligatoire des pays du monde entier dans une lutte systématique et coordonnée contre tous les terrorismes, tous les extrémismes, la position de Bouteflika est renforcée, aussi bien à l’extérieur du pays qu’à l’intérieur. Désormais, la lutte antiterroriste en Algérie pourrait redevenir une simple opération de police. Coupés de leurs bases extérieures, pourchassés à l’étranger, ne bénéficiant plus d’aides directes des capitales traditionnellement acquises à l’islamisme terroriste, les groupes armés en Algérie vont dépérir d’eux-mêmes, pour peu que leurs réseaux de soutien intérieurs soient neutralisés. Un autre ennemi de la démarche du Président aura à compter ses «morts»: il s’agit de la mafia locale, économique et financière, qui aura profité de la situation sécuritaire dégradée pour faire son beurre à l’ombre d’une administration corrompue et sous la protection d’un terrorisme qui a glissé inexorablement, vers le banditisme. Les sources de financement du terrorisme mondial devraient être la première cible de la nouvelle coalition mondiale: le trafic d’armes, la drogue, l’or et le diamant d’Afrique. Ainsi, et pour peu que le pouvoir algérien soit moins sourcilleux sur des notions aussi surannées que la souveraineté chatouilleuse, en acceptant que désormais, le terrorisme n’est plus une affaire algéro-algérienne, beaucoup d’énergie, actuellement pompée par la problématique sécuritaire, pourrait être réaffectée vers des activités de développement et de gestion du quotidien, d’une manière d’autant plus efficace que les conditions financières du pays n’ont jamais été si bonnes. La nouvelle mondialisation qui s’annonce, toujours sous la férule des Etats-Unis, blessés, certes, mais d’autant plus puissants, plus hégémoniques, est porteuse d’espoir de paix durable, et surtout d’une prospérité mieux partagée, pour peu que les Nations fassent désormais leurs comptes en intégrant un paramètre incontournable: la misère et le désespoir risquent de frapper à tout moment, en tout lieu, y compris à la Maison-Blanche.
M. H. GHEZALI

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