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TYPHOÏDE, DIPHTÉRIE ET INTOXICATIONS...
Les élections municipales et l’hygiène
27 Août 2007 - Page : 2 Lu 1143 fois
Toutes ces misères de santé publique pourraient au moins servir à lutter contre l’abstentionnisme.
Beaucoup d’habitants des autres pays du globe, surtout ceux du nord, nous envient d’avoir un si beau pays. Un pays où il fait bon vivre. Un pays où le thermomètre ne descend jamais au-dessous de la barre des 10 degrés. Pour eux, notre pays est un vrai paradis. Pour son soleil, pour sa mer, pour son ciel bleu. Mais quittons cette ambiance sur papier glacé et remettons les pieds sur terre pour voir comment nous, nous voyons notre pays. En fait, chaque été nous nous tenons le ventre plus que pour les autres saisons. Au fil des ans, l’été ne sera plus pour nous cette saison des vacances, du repos et des loisirs. Pour cela, il faudra aller voir ailleurs. Voilà plusieurs décennies que les étés chez nous sont plus que pourris. Ils ne sont qu’épidémies, maladies infectieuses, virus, intoxications alimentaires,...c’est une saison où, paradoxalement, le ministère du Tourisme chôme tandis que celui de la Santé fait semblant de gérer. Voilà des décennies que les maladies nous collent à la peau l’été. Des décennies durant lesquelles nos gouvernants nous promettent «que toutes les dispositions sont prises pour éradiquer le mal». Et puis l’année d’après rebelote. Cette année n’a pas échappé à la règle. Typhoïde signalée à Djelfa, Hantavirus à Sidi Bel Abbès, intoxications alimentaires et autres affections sont au menu de notre actualité ces jours-ci. Parmi les mesures prises par les responsables, figure cette mise en exergue de l’appel de l’OMS au sujet des maladies infectieuses qui seraient en hausse dans le globe. Façon de nous dire de ne pas nous plaindre puisque nous ne sommes pas seuls en proie aux microbes et autres bactéries. Comme débilités on ne trouvera pas mieux. Des débiles qui sont toujours prompts à nous comparer à pire que nous, jamais à meilleur que nous. Et comme à quelque chose malheur est bon, toutes ces misères de santé publique liées à l’hygiène pourraient au moins servir à lutter contre l’abstentionnisme lors des prochaines élections municipales. Comment? Il suffit que les candidats enfourchent le thème de l’hygiène et promettent d’en faire la priorité de leurs priorités. Car enfin, la seule cause de cette résurgence annuelle des maladies contagieuses se trouve dans l’incapacité des services chargés de l’hygiène relevant des APC à prévenir et enrayer le mal. Ce sont toutes ces petites structures de proximité qui, si elles étaient réellement mises à profit avec toute la compétence attendue normalement, peuvent venir à bout de tous ces soucis de santé liés à une certaine rigueur à observer dans les pays chauds comme le nôtre. On a tendance à penser aussitôt à la crédibilité des candidats qui est sérieusement mise à mal. Soit, mais dans le cas d’espèce il ne s’agit pas de problèmes économiques où la suspicion des électeurs est grande. Il s’agit de salubrité publique. D’un sujet qui jamais, au grand jamais, n’a été un thème de campagne électorale depuis l’indépendance de l’Algérie. C’est cela qui va surprendre les électeurs qui ont l’habitude d’entendre les candidats discourir sur le logement, l’emploi, les routes, l’eau,... mais jamais sur les services d’hygiène de la commune. Quant à savoir si les promesses de ces candidats seront tenues ou pas, cela est une autre paire de manches. En attendant, les Algériens ont peur des étés. Et plus encore des canicules comme celle que nous vivons.
Zouhir MEBARKI

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