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AGENCES IMMOBILIÈRES
L’Etat veut assainir cette jungle
07 Février 2008 - Page : 4 Lu 941 fois
Certaines agences rompues à la spéculation sont pour beaucoup dans la flambée de l’immobilier en Algérie.
Les services de sécurité viennent de mettre en application une «nouvelle» instruction visant à mettre sous la loupe l’activité des agences immobilières. Ainsi, les gérants de ces agences à travers le territoire national sont convoqués par les services de sécurité et sommés de «révéler» l’identité de leurs clients. La mise en vigueur de la loi réglementant cette profession est prévue au courant de ce semestre. Cette instruction n’a pas été du goût de certains gérants d’agences immobilières qui ont manifesté leur colère. «S’ils veulent vraiment surveiller l’identité des clients, ils auraient mieux fait de s’adresser aux Domaines, eux, qui sont des services de l’Etat», fulmine M.Ahmim, gérant d’une agence immobilière. Car, ajoute-t-il: «Nous ne sommes pas des fonctionnaires de l’Etat. D’ailleurs, je n’ai répondu à aucune des convocations de la police.» Cet «ancien» gérant est allé jusqu’à dire qu’il y a un rapport entre l’implication des services de sécurité et l’identité du client (acheteurs et/ou locataires). «D’aucuns savent que les services de sécurité recherchent l’identité de nos clients qui seraient éventuellement impliqués dans des affaires...de soutien au terrorisme», juge M.Ahmim. Abdelâali, son collaborateur, quant à lui, y voit «une manière de mettre au pas» l’activité des agences immobilières. «En plus des impôts que l’on nous impose (régime forfaitaire de 100.000 dinars/an), nous, les gérants, ne sommes pas couverts par la loi», s’indigne-t-on. Sur cet aspect juridique, il faut dire que les gérants sont parfois victimes d’«escroquerie». Invitée à s’expliquer sur le sujet, l’Union nationale des agences immobilières (Unai), par la voix de Abdelhakim Aouidat, en qualité de vice-président chargé à la communication, estime que cette «louable» instruction vient à point nommé pour réglementer cette activité longtemps livrée aux «spéculateurs». Affichant sa satisfaction, notre interlocuteur fait comprendre que les négociations sur le projet de loi portant statut de «l’agent immobilier» et définissant ses critères vont bon train. «Les critères de l’agent immobilier sont définis par le ministère de l’Habitat», a précisé en substance M.Aouidat. Et d’ajouter: «La nouvelle loi exige désormais que les gérants des agences soient diplômés de technicien supérieur en immobilier.» Et pour ceux qui n’ont pas de diplôme, Abdelhakim Aouidat rassure: «Les gérants vont subir des stages de mise à niveau», pour qu’ils s’imprègnent davantage de la déontologie de la profession et des rapports clients-acheteurs et pour maîtriser les techniques de discrétion et de communication. C’est un véritable climat de jungle qui règne dans ce secteur qui semble échapper au contrôle de l’Etat. Sur les 3500 agences immobilières existantes, 50% n’ont pas d’agrément. Certaines agences rompues à la spéculation sont pour beaucoup dans la flambée de l’immobilier en Algérie. Cela étant, les agences immobilières exerçant hors la loi peuvent constituer un «embarras» pour les services de sécurité dans l’accomplissement de leur mission. Alors comment vont-ils agir? Sachant que certaines «agences» ont dû cesser leur activité en apprenant cette «nouvelle». Ainsi, les gérants ont «effacé», craignant des poursuites judiciaires, toute trace de l’existence de ces agences non agréées.
Yazid MADI

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