INTERVIEW DE RACHID KHALI
La finesse d’un parler très kasbadji
A travers l’entretien qu’il nous a accordé, Rachid Khali a entrepris ce qu’il juge indispensable à la sauvegarde de notre patrimoine ancestral à travers son oeuvre Echebka.
Rachid Khali: De mon vrai nom Rachid Kraïmèche, je suis né en 1966 à La Casbah. Un quartier de la Basse Alger. J´ai débuté ma carrière artistique en 1971 à l´école de musique andalouse, que j´ai quittée en 1986. En me frottant aux grands noms du milieu artistique, j´ai réussi à peaufiner mes différents talents grâce à mes capacités d´assimilation et à mes dons multiples. J´ai participé à de nombreux concerts à l´échelle nationale et internationale. Ma première prestation fut en 1983 à Paris. Ensuite, l´Allemagne, le Portugal, les Etats-Unis, l´Italie, la Russie...
Je n´ai pas choisi un style de musique particulier, il s´est imposé naturellement. Le chaâbi est un style qui correspond parfaitement à ce que je ressens en tant que chanteur. Le chaâbi me permet de m´exprimer très librement, c´est une question de feeling.
Rahi m´chabka (rires) En vérité, c´est une chanson en hommage au grand maître hadj El Hachemi Guerrouabi. Cet album est composé de sept titres, de beaux textes de notre intarissable patrimoine culturel, avec un mode musical lié à une sorte de nostalgie et de tristesse, mais associé à un ensemble d´expressions plus complexes qui varient considérablement selon la couleur, l´ambiance ou l´état d´esprit.
En vérité, je suis agréablement surpris par ce succès auprès du public. D´ailleurs, j´ai occupé la première place durant des semaines au Hit Parade de la radio El Bahdja, ainsi que pendant la tournée qui entre dans le cadre de «Alger, capitale de la culture arabe», que j´ai effectuée à travers les villes de l´ouest du pays. C´est très encourageant dans la mesure où cela va m´aider dans le futur.
Je suis assuré en plus de ma voix rock, une très belle interprétation, en imitant le grand maître, le défunt Hadj El Hachemi Guerrouabi. Souvent, dans mes chansons, je raconte des histoires, en chantant, bien sûr, et en élaborant des scénarios tragicomiques.
Mes influences sont très variées, mais mes premiers amours sont les chansons des deux maîtres, hadj El Hachemi Guerrouabi et hadj M´hamed El Anka.
Je considère qu´être artiste en Algérie requiert beaucoup de travail et de persévérance, plus particulièrement chez nous où le domaine n´est pas structuré.
L´artiste algérien se doit d´être ingénieux, imaginatif et faire preuve d´initiatives pour exister.
La satisfaction n´en est que plus grande, lorsque le public est conquis. J´ajouterai qu´il est important pour moi d´être reconnu par le public.
C´est évident, comme tout artiste algérien.
Nous sommes impliqués dans un processus de fabrication de...puisque l´artiste, qui devrait être épaulé par un manager ou une agence, est livré à son propre sort. La suite, tout monde la connaît.
En ce qui me concerne, je ne tends pas les bras pour me plaindre. Car la dignité humaine ne se marchande pas.
Je ne suis pas du genre à se laisser marcher sur les pieds.
Notre pays regorge de rythmes traditionnels variés et les artistes y trouvent intérêt en valorisant ces airs musicaux.
Je veux, à cette occasion, saluer à mon tour tous ceux qui oeuvrent au quotidien à la sauvegarde de notre héritage culturel et à la promotion de l´art et des artistes.
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