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MULTIPLICATION DES ACTES ISLAMOPHOBES
Les amalgames: un désastre!
29 Mars 2008 - Page : 24 Lu 888 fois
Dans les zones réputées obscures, pour nous autres attachés à l’amitié et au dialogue entre les peuples, on ne confond pas le mot et la chose, une référence noble et les dérives de ceux qui s’en réclament. Pas de confusion entre le mot «juif» et la chose «sioniste», le mot chrétien et la chose «inquisition», le mot humanisme européen et la chose «nazie». Le philosophe Agamben, dans son ouvrage «Ce qui reste d’Auschwitz» ouvre pour la pensée politique contemporaine le paradigme du désastre qui n’est jamais isolé. En effet, les désasatres ont des liens. Le lien entre les chambres à gaz, Auschwitz, les camps du Goulag, la colonisation et l’islamophobie est, d’une certaine manière, direct. La haine de l’autre se perpétue, tout en cherchant à fuir ou à masquer des culpabilités. La répétition d’actes qui ont l’air stupides et banalement criminels, comme les caricatures du Prophète, les discours xénophobes, et maintenant ce film qui opère tous azimuts l’amalgame assassin entre terrorisme et Islam sont le reflet des dérives d’un monde qui n’est pas quitte avec son passé, et qui, de surcroît, cherche à faire diversion aux problèmes complexes de notre temps, en instrumentalisant les réactions aveugles d’inauthentiques musulmans produites par le désordre mondial. C’est aussi un fonds de commerce immonde et nauséabond. Par conséquent, on se doit d’êtres vigilants au vu de la généralisation du racisme anti-musulman, le fascisme peut aujourd’hui se répéter, sous des formes nouvelles à l’ombre du désastre de la politique de l’administration américaine et sioniste au Moyen-Orient (Baghdad, Abou-Grahib, Guantanamo, Palestine, Ghaza...) qui, sous couvert de lutte contre l’extrémisme et sous le label de «christianisme sioniste» légalise, banalise et mondialise une dangereuse islamophobie. Cette dérive nihiliste appartient à une «culture de mort». L’Occident et le monde musulman ont la responsabilité de dialoguer et mettre fin à la politique de l’invention d’un nouvel ennemi et de la politique des deux poids, deux mesures. Car l’islamophobie est comme un prolongement de l’antisémitisme innommable d’hier et un signe du dérèglement profond de notre époque. Le libéralo - fascisme avance pratiquement à visage découvert; et les régimes arabes, impuissants à y faire face, comme le montrent les Sommets arabes, faute de bonne gouvernance, s’entre-déchirent, s’agrippent à leurs fauteuils frappés du sceau de la compromission et sont débordés par les pressions extérieures et les vagues de crispations de pans de leurs sociétés. A quand le réveil, pour relever les immenses et complexes défis? D’autant que ce qui est si haut et si grand, l’Islam et le Prophète, se moque de toutes les propagandes de dénigrement.
Mustapha CHERIF

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