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ACTUALITÉ

TERRORISME
Le Maghreb dans la zone de turbulences
10 Avril 2008 - Page : 24
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Les «djihadistes» mettent la pression sur le Maghreb

Cette région est soumise, ces derniers jours, à de dures épreuves qui remettent en cause sa stabilité.

La région du Maghreb vit, ces derniers jours, au rythme de graves turbulences, qui risquent de la plonger dans le marasme. Au Maroc, il y a eu l’évasion de neuf prisonniers islamistes. En Mauritanie, de violents affrontements ont éclaté, mardi, entre les forces de l’ordre et un groupe terroriste.
En Libye, on annonce la libération de 90 membres du Groupe islamique des combattants libyens (Gicl), proche du réseau Al Qaîda. En Tunisie, l’opération du kidnapping, le 22 février dernier, de deux touristes autrichiens par les éléments de la branche d’Al Qaîda au Maghreb islamique (Aqmi), est toujours en stand-by et ne cesse de défrayer la chronique.
Cette effervescence que connaissent ces derniers temps, les pays du Maghreb, et les événements disparates qui la marquent suscitent l’interrogation par sa simultanéité, et n’est pas sans lien avec la récente prise de parole d’Al-Zawahiri.
Les observateurs des événements du Maghreb estiment que l’évasion, lundi dernier, de neuf islamistes du pénitencier de Kenitra, au nord de Rabat, qui ont réussi à creuser un tunnel, remet à l’ordre du jour le spectre islamiste qui est loin d’être éradiqué dans le Royaume chérifien. Selon Abderrahim Mahtade, président de l’association Annassir de soutien aux prisonniers islamistes, parmi les neuf islamistes évadés de la prison de Kenitra, il y a un condamné à mort, six à la réclusion criminelle à perpétuité et deux à vingt ans de prison.
Quelques-uns d’entre eux ont été condamnés, récemment, lors du procès des attentats de Casablanca, en 2003 qui avaient occasionné la mort de 45 personnes dont 12 kamikazes. En Mauritanie, des affrontements entre des «djihadistes» islamistes et l’armée mauritanienne, mardi, au nord de Nouakchott ont fait, au moins, deux morts, dont un terroriste, et huit blessés.
Selon l’agence française AFP, l’un des terroristes blessés est un expert en explosifs. Il aurait été formé dans les maquis du Gspc, selon la même source.
Lors de son arrestation, lundi dernier, suite aux premiers affrontements signalés, ce terroriste a été donné comme étant Sidi Ould Sidna, un des assassins présumés des quatre touristes français le 24 décembre dans le sud de la Mauritanie. Arrêté le 11 janvier en Guinée-Bissau, il avait été inculpé et écroué. Il s’est évadé, le 2 avril, du Palais de justice de Nouakchott, alors qu’il devait être interrogé par le juge d’instruction.
Il faut rappeler que la Mauritanie a été la cible, entre fin décembre et début février, de trois attaques de la mouvance de la nébuleuse islamique Al Qaîda, lesquelles attaques avaient fait sept morts, dont quatre touristes français et trois militaires mauritaniens, et provoqué l’annulation du rallye Dakar 2008.
Par ailleurs, les observateurs se disent inquiétés par le geste des autorités libyennes qui ont procédé, avant-hier, à l’élargissement de 90 membres du Groupe islamique des combattants libyens (Gicl), proche du réseau Al Qaîda.
«Le dialogue entrepris avec des dirigeants du Groupe islamique des combattants libyens (...) a abouti à la libération de 90 éléments, représentant un tiers des membres de ce groupe», a indiqué la fondation El Gueddafi dans un communiqué rendu public mardi.
Rappelons que le Gicl avait réaffirmé en janvier 2007 sa détermination à combattre le régime de Mouamar El Gueddafi, avant d’annoncer, en novembre, son ralliement au réseau d’Al Qaîda.

Hakim KATEB

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