AGENCES IMMOBILIÈRES
L’Etat veut assainir cette jungle
Certaines agences rompues à la spéculation sont pour beaucoup dans la flambée de l’immobilier en Algérie.
Les services de sécurité viennent de mettre en application une «nouvelle» instruction visant à mettre sous la loupe l´activité des agences immobilières.
Ainsi, les gérants de ces agences à travers le territoire national sont convoqués par les services de sécurité et sommés de «révéler» l´identité de leurs clients.
La mise en vigueur de la loi réglementant cette profession est prévue au courant de ce semestre.
Cette instruction n´a pas été du goût de certains gérants d´agences immobilières qui ont manifesté leur colère.
«S´ils veulent vraiment surveiller l´identité des clients, ils auraient mieux fait de s´adresser aux Domaines, eux, qui sont des services de l´Etat», fulmine M.Ahmim, gérant d´une agence immobilière. Car, ajoute-t-il: «Nous ne sommes pas des fonctionnaires de l´Etat. D´ailleurs, je n´ai répondu à aucune des convocations de la police.»
Cet «ancien» gérant est allé jusqu´à dire qu´il y a un rapport entre l´implication des services de sécurité et l´identité du client (acheteurs et/ou locataires).
«D´aucuns savent que les services de sécurité recherchent l´identité de nos clients qui seraient éventuellement impliqués dans des affaires...de soutien au terrorisme», juge M.Ahmim. Abdelâali, son collaborateur, quant à lui, y voit «une manière de mettre au pas» l´activité des agences immobilières. «En plus des impôts que l´on nous impose (régime forfaitaire de 100.000 dinars/an), nous, les gérants, ne sommes pas couverts par la loi», s´indigne-t-on.
Sur cet aspect juridique, il faut dire que les gérants sont parfois victimes d´«escroquerie». Invitée à s´expliquer sur le sujet, l´Union nationale des agences immobilières (Unai), par la voix de Abdelhakim Aouidat, en qualité de vice-président chargé à la communication, estime que cette «louable» instruction vient à point nommé pour réglementer cette activité longtemps livrée aux «spéculateurs».
Affichant sa satisfaction, notre interlocuteur fait comprendre que les négociations sur le projet de loi portant statut de «l´agent immobilier» et définissant ses critères vont bon train. «Les critères de l´agent immobilier sont définis par le ministère de l´Habitat», a précisé en substance M.Aouidat.
Et d´ajouter: «La nouvelle loi exige désormais que les gérants des agences soient diplômés de technicien supérieur en immobilier.»
Et pour ceux qui n´ont pas de diplôme, Abdelhakim Aouidat rassure: «Les gérants vont subir des stages de mise à niveau», pour qu´ils s´imprègnent davantage de la déontologie de la profession et des rapports clients-acheteurs et pour maîtriser les techniques de discrétion et de communication.
C´est un véritable climat de jungle qui règne dans ce secteur qui semble échapper au contrôle de l´Etat. Sur les 3500 agences immobilières existantes, 50% n´ont pas d´agrément.
Certaines agences rompues à la spéculation sont pour beaucoup dans la flambée de l´immobilier en Algérie.
Cela étant, les agences immobilières exerçant hors la loi peuvent constituer un «embarras» pour les services de sécurité dans l´accomplissement de leur mission. Alors comment vont-ils agir?
Sachant que certaines «agences» ont dû cesser leur activité en apprenant cette «nouvelle».
Ainsi, les gérants ont «effacé», craignant des poursuites judiciaires, toute trace de l´existence de ces agences non agréées.
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