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ACTUALITÉ

SYSTÈME BANCAIRE EN ALGÉRIE
L’efficacité fait défaut
14 Mai 2008 - Page : 2
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La couverture bancaire demeure très faible

Le traitement de faveur accordé aux banques publiques dissuade les banques étrangères.

Pourquoi les banques étrangères ne s’installent-elles pas en Algérie? Le champ d’intervention sur le marché financier n’est pas suffisamment libéré, selon les experts financiers. «Le fait de confier le financement des entreprises uniquement aux banques publiques, constitue une barrière pour les entreprises étrangères», a déclaré le Dr Dhafer Saïdane, maître de conférences à l’université de Lille III.
Prenant part au travaux du 4e Forum international de la finance, ouvert hier à Alger, le professeur a présenté une communication portant sur «les restructurations bancaires maghrébines, état de la situation et les leçons d’une expérience». Dans une analyse faite sur l’Algérie, M.Dhafer a estimé que le champ d’action des banques étrangères est très réduit. Celles-ci ne jouissent pas des mêmes prérogatives que les banques publiques. Ce qui explique pourquoi les banques étrangères ne sont pas motivées de venir en Algérie. Un autre élément de taille explique cette frilosité, c’est le manque d’efficacité dans le système bancaire. Se référant à une étude comparative établie sur des banques marocaines, tunisiennes et algériennes depuis 1999 jusqu’à 2006, le conférencier constate que l’Algérie enregistre l’efficacité la plus faible dans le Maghreb.
Nouvelle politique pour les salaires

Du nouveau pour les travailleurs du secteur financier. Une refonte de la grille des salaires qui prendra en compte les compétences et les connaissances est prévue. Le président de l’Abef, Abderahmane Benkhalfa, a indiqué qu’un projet est en cours de préparation. Des cycles de formations sont également prévus pour promouvoir le niveau des cadres.


«Certes, l’efficacité s’est améliorée, mais elle reste très faible», souligne-t-il. Preuve en est, elle a évolué de 81% en 1999 à 87% en 2006. Tandis que le taux de gaspillage est passé à 13%. Contrairement à l’Algérie, le Maroc et la Tunisie ont fait d’énormes progrès en matière d’efficacité du système tout en réduisant le taux de gaspillage. Or, même si les banques manquent d’efficacité, M.Dhafer assure que le marché bancaire est, en général, attractif. Cet expert partage entièrement la décision prise par la ministre déléguée chargée de la Réforme financière sur la question des privatisations. Les conditions essentielles dans le processus ne sont pas encore réunies pour effectuer l’opération.
En raison de la crise qui secoue le marché financier international, le département de Karim Djoudi a décidé de suspendre le processus. Par ailleurs, et à propos du gel de l’octroi des agréments aux banques étrangères, le président de l’Abef, Abderahmane Benkhalfa, constate que la couverture bancaire demeure très faible. «La scène financière reste inférieure à la moyenne de couverture dans les pays voisins», a précisé M.Benkhalfa. La prestation de services est en dessous des besoins actuellement avec un point pour 29.000 habitants. Expert dans le domaine, le président de l’Abef pense que la scène peut accueillir quelque 1400 points.
C’est dire qu’il y a à remédier à cette situation pénalisante pour le réseau bancaire algérien. Toujours dans ce sens, M.Benkhalfa trouve qu’il y a un grand décalage dans l’extension du réseau bancaire. Ce décalage, poursuit-il, aura des conséquences négatives sur les besoins et les services. Nul n’ignore les lenteurs bancaires dans le traitement des affaires et les dossiers de crédits. Malgré le processus de modernisation entamé depuis plus de deux ans, le système est toujours à la traîne. M.Joseph Deiss, ancien conseiller fédéral suisse, l’a d’ailleurs relevé. Exposant l’expérience suisse dans le domaine financier, M.Deiss a fait une petite lecture du système bancaire algérien. Pour lui, l’Algérie a déployé de gros efforts dans la réforme financière, mais il reste encore beaucoup à faire. Interrogé sur l’absence des banques suisses en Algérie, M.Deiss explique que «les besoins auxquels elles peuvent répondre ne sont pas encore appuyés».
Les banques suisses sont plus spécialisées dans la gestion des fortunes que dans le détail. Ayant une large expérience dans la gestion des risques, la lutte contre le blanchiment d’argent, les opérateurs suisses sont déterminés à assister l’Algérie dans le processus de modernisation du système bancaire.

Nadia BENAKLI

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