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LE RND ET LE MSP S’AFFRONTENT AUTOUR DU CODE PÉNAL
La mosquée et la presse divisent les deux partis
17 Mai 2008 - Page : 2 Lu 649 fois
Le parti d’Ahmed Ouyahia soupçonne les arrière-pensées du MSP et dénonce la volonté du parti islamiste de créer l’amalgame.
«Nous sommes contre un retour en arrière. Le Rassemblement national démocratique dit non aux néo-intégristes et à l’opportunisme politique sous toutes ses formes.» C’est ainsi que M.Seddik Chihab, vice-président de l’APN et membre influent au RND réagissait à l’initiative prise par le MSP dont le groupe parlementaire a introduit une proposition portant abrogation de l’article 87 bis10 et 144 bis1 du Code pénal, stipulant la pénalisation du délit de presse et l’ emprisonnement de l’imam en cas de «dépassements». Des articles votés, pour rappel, en 2001, à l’époque où le secrétaire général du RND chapeautait le département de la justice. Le parti d’Ahmed Ouyahia soupçonne les arrière-pensées de son allié stratégique. Notre interlocuteur dénonce la volonté du parti islamiste de créer l’amalgame autour des libertés fondamentales. «Sa démarche relève des pratiques de ventes concomitantes ayant pour principal objectif de permettre à certains (imams) qui activaient en dehors du cadre fixé par la loi, d’activer avec tous les risques qu’une telle initiative porte à la sécurité du pays.» «L’Algérie a payé un lourd tribut. Nous n’avons pas le droit de céder», ajoute-t-il. Il faut rappeler que la proposition du MSP a été étudiée la semaine précédente par le bureau de l’APN. Le président du groupe parlementaire du MSP, M.Ahmed Issâd confirme que la proposition a été acceptée dans le fond, «elle a été renvoyée au parti pour apporter quelques modifications de forme». Une information catégoriquement démentie par Chihab Seddik qui rassure que «le projet tel qu’initié par ses auteurs n’a aucune chance de passer» tout au moins, il a mis en garde contre le «laxisme d’où qu’il vienne et quelle que soit sa nature au niveau de l’Assemblée populaire nationale.» Ce qui peut être interprété comme un appel aux autres formations, notamment au FLN, à se prononcer sérieusement sur ce dossier. Le RND ne risque-t-il pas d’être discrédité aux yeux de l’opinion publique, de la presse et des observateurs, suite à ces positions? Par ailleurs, le MSP n’a-t-il pas piégé le RND. Sur ce point, Chihab affirme sans équivoque que «l’opinion publique est témoin de notre engagement connu contre l’intégrisme qui n’a d’égal que notre combat pour la liberté de la presse». «Nous voulons une presse libre, nous militons pour la liberté d’expression, mais nous refusons, par contre, de rentrer dans le jeu sournois.» Enfin, le RND, qui assure la présidence de l’Alliance, reproche au MSP d’agir seul sans consulter ses partenaires. Une position pleinement assumée par Ahmed Issâd qui estime que «son parti n’a pas besoin de coordonner dans le cadre de l’Alliance». «Nous avons soumis la question aux différents groupes parlementaires qui ont tous apprécié l’initiative».
Achira MAMMERI

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