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BAISSE DE LA PRODUCTION CÉRÉALIÈRE

«Il y va de la souveraineté nationale»

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Maintenant que le grenier est quasiment vide, il reste à savoir quelles solutions seront adoptées pour éviter à l’Algérie de tomber dans la crise alimentaire.

Au moment où la crise alimentaire est plus que jamais menaçante, les responsables du secteur de l´agriculture en Algérie viennent annoncer la nouvelle: la production céréalière, cette année, devrait atteindre 21 millions de quintaux, contre 41 millions de quintaux récoltés l´année dernière.
Selon Ahmed Assabah, directeur de la production et de la régulation des produits agricoles au ministère de l´Agriculture, cette baisse, estimée à 50% est principalement due à la faible pluviométrie enregistrée cette année.
Le facteur essentiel pointé du doigt est donc la sécheresse. La situation était prévisible. Déjà au mois de mai dernier, le secrétaire général de l´Union nationale des paysans algériens (Unpa), Mohamed Alioui, l´avait prédit. Maintenant que la récolte est là, et que le grenier est quasiment vide, reste à savoir quelles sont les procédés à suivre pour éviter à l´Algérie de tomber dans la crise alimentaire qui ne cesse de menacer la planète. Certainement, les pouvoirs publics feront recours, comme la coutume le veut, à l´importation.
Sachant que l´Algérie consomme annuellement plus de 60 millions de quintaux de céréales, on sera donc dans l´obligation de s´alimenter des marchés internationaux. C´est presque une lapalissade, puisque le même procédé est suivi chaque année.
Seulement, cette fois-ci, la conjoncture est plus délicate qu´elle ne l´était auparavant. Avec une baisse de production estimée à 50%, l´Algérie est donc appelée à importer près de 70% de ses besoins en céréales.
Et si l´on conjugue cette situation à la flambée des prix des céréales constatée sur les marchés internationaux, on peut aisément imaginer le scénario qui se trame.
La situation devient d´autant plus délicate lorsqu´on sait que les chargés de l´importation sont de piètres «marchandeurs».
La preuve a déjà été visible sur le terrain après l´importation massive de la pomme de terre à des prix astronomiques, alors que quelques mois plus tard, le coût de ce même aliment est descendu à près de 50%.
Il faut signaler que la facture de l´importation des céréales, semoules et farines, ne cesse de croître.
Au premier semestre de l´année en cours, elle a atteint 1,90 milliard de dollars, contre 910,4 millions de dollars à la même période 2007, soit une hausse de 109,53%. Abstraction faite de ce problème, il y a lieu de se demander si l´Office national interprofessionnel des céréales (Oaic) a réellement les moyens de stockage des produits qui seront importés.
La question vaut bien la peine d´être posée, notamment lorsqu´on sait que, une fois les produits céréaliers importés, ce sont les spéculateurs qui vont s´en emparer pour enflammer les prix.
La réponse à cette question, combien pointue, on ne peut l´avoir qu´auprès des institutions compétentes et, qui plus est, sont le plus au fait du sujet. Joints hier par téléphone, les responsables de l´Oaic sont inscrits aux abonnés absents.
Le ministre de l´Agriculture et du Développement rural, Rachid Benaïssa malheureux «héritier» d´une situation créée avant lui, est cependant décidé à y faire face avec toute l´énergie voulue. Il y «va de la souveraineté nationale» a-t-il averti dimanche dernier.

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