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FORT DE SON SUCCÈS AU LIBAN

Le Qatar veut s’attaquer au conflit du Darfour

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Le petit pays du Golfe qui avait remporté un succès diplomatique en mai en parrainant, au nom de la Ligue arabe, l’accord interlibanais, veut récidiver au Darfour.

Fort du succès de sa médiation dans la crise libanaise, le Qatar, riche pays gazier du Golfe, veut mettre sa diplomatie à l´épreuve en tentant, sur un mandat de la Ligue arabe, de ramener la paix au Darfour, cette province de l´ouest du Soudan en guerre civile depuis 2003. Mais conscient de la difficulté de la mission que des groupes rebelles ont rapidement rejetée, le Qatar a reconnu qu´une réussite dépendait des protagonistes du conflit du Darfour. «La coopération des parties concernées était à la base du règlement de la crise libanaise. C´est aussi un préalable à une solution au Darfour», a déclaré à l´AFP un adjoint du ministre qatari des Affaires étrangères, Saïf Bulainain.
Le petit pays du Golfe avait remporté un succès diplomatique en mai en parrainant, au nom de la Ligue arabe, un accord de réconciliation entre les protagonistes de la crise libanaise. L´accord a permis l´élection du président Michel Sleimane et la formation d´un gouvernement d´union nationale, prévenant une guerre civile au Liban et remettant ce pays sur la voie de la réconciliation nationale, même si des actes de violence continuent de compliquer le processus. Le Qatar «va lancer des contacts dans une semaine» pour préparer des négociations entre le gouvernement soudanais et les groupes rebelles du Darfour, a indiqué M.Bulaïnain. Il a l´ambition de mettre fin au conflit qui, selon l´ONU, a fait plus de 300.000 tués et plus de 2,2 millions de déplacés depuis 2003. Selon Khartoum, les combats ont fait 10.000 morts.
Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe ont décidé lundi dernier de former un comité, présidé par le Qatar et formé de l´Arabie Saoudite, de l´Algérie, de la Syrie, de la Libye et de l´Egypte, pour superviser les négociations de paix sur le Darfour à Doha, en collaboration avec le médiateur de l´ONU et de l´Union africaine. Mais des groupes rebelles ont jeté un froid sur l´initiative. Le Mouvement pour la justice et l´égalité (JEM) a ainsi dit attendre plutôt une condamnation arabe «des atrocités» du régime au Darfour. L´Armée de libération du Soudan (SLA), dirigée par le leader en exil Abdel Wahdi Mohammed Nour, a estimé que l´initiative arabe visait «à protéger le président soudanais Omar Al Bechir de la justice internationale», en référence à la menace de poursuites devant la Cour pénale internationale (CPI) contre le dirigeant soudanais pour «génocide» au Darfour. Khartoum a en revanche salué l´initiative. «Le choix du Qatar par la Ligue arabe comme médiateur pour résoudre la crise du Darfour ne sort pas du néant. Le Qatar a l´expérience pour régler les problèmes», a déclaré Mostafa Osman Ismaïl, conseiller spécial du président soudanais, en visite cette semaine à Doha. L´ambassadeur du Soudan à Doha, Ibrahim Abdallah Fuqaïri, s´est dit «profondément confiant» dans la direction du Qatar, un pays qui, selon lui, a apporté son aide au développement du Soudan. Le riche émirat avait offert ses bons offices dans divers conflits dans la région, dont celui de la rébellion chiite au Yémen et le conflit entre des factions palestiniennes rivales. Les dirigeants qataris entretiennent d´étroites relations avec les Etats-Unis tout en étant en bons termes avec des ennemis de Washington comme l´Iran et le mouvement islamiste palestinien Hamas. Ils entretiennent des contacts controversés avec Israël, et l´émir, cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, a participé la semaine dernière au sommet quadripartite de Damas, aux côtés de la Syrie, de la France et de la Turquie, pour déblayer le terrain à des négociations de paix directes syro-israéliennes. Pour sa part, le dirigeant libyen Maâmar El Gueddafi a salué le Qatar, ainsi que les Emirats arabes unis, pour avoir aidé au règlement du long contentieux entre son pays et les Etats-Unis.

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