LE CHEF DE L’ETAT INTERPELLE LES MAGISTRATS
«Il faut appliquer les décisions de justice»
«Celui qui n’est pas satisfait ou convaincu de l’application des décisions, n’a qu’à démissionner», a souligné le chef de l’Etat.
Les décisions de justice doivent être appliquées. Leur non-application a vivement irrité le président de la République. «Je le dis officiellement et j´interpelle le corps des magistrats à poursuivre toutes les autorités qui n´appliquent pas les décisions de justice», a déclaré le chef de l´Etat.
S´adressant aux magistrats, hier à l´occasion de l´ouverture de l´année judiciaire à la Cour suprême, le Président Bouteflika a ouvert une parenthèse pour dénoncer le non-respect des décisions de justice. «On ne badine pas avec les intérêts de l´Etat. Soit les gens sont au service de l´Etat et du peuple, soit ils sont stagiaires ou de simples touristes», a-t-il souligné.
Reconnaissant, certes, les difficultés entravant l´application des décisions «quelle que soit sa nature ou la partie concernée, la décision doit être appliquée», a-t-il martelé d´un air déterminé.
Sur sa lancée, et apparemment irrité par cette problématique, le président persiste et signe: «Celui qui n´est pas satisfait ou convaincu de l´application des décisions, n´a qu´à démissionner.» Le message est clair.
Désormais, les magistrats devront aller jusqu´au bout dans l´application des jugements. Il faut reconnaître que plusieurs cas sont suspendus en raison du blocage au niveau de l´application. C´est pourquoi le président a mis l´accent sur la nécessité du respect des décisions de justice pour permettre aux gens de retrouver une vie normale. «Il y a des bons et des mauvais dans la société, mais il faut offrir la chance aux détenus de refaire leur vie», a-t-il souligné faisant allusion aux personnes concernées par la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Evoquant le processus de Réconciliation nationale justement, le président demande que l´on soit plus clément avec les détenus. «Il faut sauvegarder la cohérence et l´unité de la société», a-t-il déclaré en appelant toutefois à éviter les préjugés. Tout en reconnaissant les progrès réalisés dans le secteur de la justice, le président n´a pas omis de mettre en garde les robes noires, leur recommandant de veiller à la consécration de principes de la justice. De son côté, le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Tayeb Belaïz, n´a pas manqué de rappeler que les décisions de justice sont appliquées à 90% à l´échelle nationale.
Concernant la durée dans le traitement des affaires, elle ne dépasserait pas les 6 mois pour les affaires civiles et trois mois pour les affaires pénales, a ajouté le garde des Sceaux. Avec l´entrée en vigueur des textes d´application du Code pénal en avril prochain, le ministre affirme que de nouveaux mécanismes juridiques seront installés. Il s´agit des mécanismes à caractère spécifique et relatifs au règlement des conflits en matière de commerce international et des différentes questions. Ces mécanismes visent à sauvegarder et encourager l´investissement.
Le nombre des magistrats spécialisés actuellement est de 584 magistrats dont 113 ont été formés à l´étranger. Revenant sur la situation des établissements pénitentiaires, le ministre a rappelé que 81 centres seront réalisés. Treize établissements d´une capacité de 19.000 places sont en cours de construction et seront réceptionnés fin 2009.
M.Belaïz a révélé que 1911 détenus ont été libérés et réinsérés dans le monde du travail.
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