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LE SYNDROME DU SULTAN
04 Juin 2009 - Page : 2 Lu 3074 fois
(...) Passionné de grosses cylindrées, de sport et surtout très soucieux de ne pas bousculer les traditions séculaires de sa dynastie. «Mon père avait l’habitude de dire: "Tu auras à prendre des décisions qui ne feront plaisir ni à toi ni aux gens. Mais ce sera pour le bien du pays"», affirma-t-il. (....) Deuxième et fils aîné d’une fratrie de cinq enfants, Sidi Mohammed est né le 21 août 1963. Toute son éducation n’a eu qu’un seul but: le préparer à régner. Un apprentissage souvent douloureux avec un Hassan II qui n’admettait ni écart ni contestation. Il n’a que trois ans lorsque le monarque l’emmène pour la première fois en voyage officiel aux États-Unis, six ans lorsqu’on lui fait lire, à l’occasion d’une cérémonie officielle, son premier discours. Il n’est qu’un enfant lorsqu’il représente son père aux obsèques de Georges Pompidou en 1974, aux côtés de Michel Jobert, sous la nef de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Hassan II surveille personnellement l’instruction de l’héritier du Trône. Son éducation politique et religieuse est réglée comme du papier à musique par une nuée de précepteurs. Une tâche conçue comme un sacerdoce pour l’avenir de la monarchie. (...). A l’époque, ce traitement sévère interdisait à Mohammed VI de s’exprimer publiquement sur les affaires de l’État, ou sur quoi que ce soit, d’ailleurs. Ses rares discours, assez abscons, étaient rédigés par les collaborateurs du roi, souvent par André Azoulay. Il apprenait son métier en silence, recevait le fouet à chaque incartade, et vivait reclus au Palais avec ses quelques condisciples triés sur le volet, ceux-là mêmes qui allaient dès son intronisation constituer l’armature de son cabinet. «Il suffit dans ce domaine que je lui inculque deux choses importantes. Être patriote jusqu’au sacrifice suprême et tenir le coup, quoi qu’il arrive.» D’après son cousin Moulay Hicham, Hassan II avait obligé le jeune prince héritier alors âgé de 8 ans à assister à l’exécution des officiers putschistes de 1971. C’est ainsi que Hassan II justifiera son rigorisme à l’égard de son fils (...)
R.N

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