IL A ATTEINT LES 58 DOLLARS JEUDI À NEW YORK
Le baril de pétrole en vedette américaine
Les prévisions de Chakib Khelil vont peut-être se réaliser avant la fin de l’année 2009.
Lors de la visite effectuée par le secrétaire général de l´Organisation des pays exportateurs de pétrole, Abdellah El Badri, à Alger le 26 avril dernier, le ministre de l´Energie et des Mines avait déclaré que «les prix du baril de pétrole devraient atteindre les 60 dollars d´ici la fin de l´année 2009». Jeudi, l´une des journées les plus fastes pour les cours de l´or noir depuis six mois, allait ainsi répondre favorablement aux attentes du président sortant de l´Opep. Au terme de deux séances de hausse, le prix du baril de pétrole franchissait pour la première fois depuis le 18 novembre 2008 la barre des 58 dollars. Le «Light Sweet Crude» a affiché au cours des échanges électroniques 58,57 dollars à New York tandis que le Brent de la mer du Nord poussait un pic à 58,22 dollars. Ils ont respectivement clôturé la séance à 56,71 dollars et 56,47 dollars. Le marché pétrolier que l´on donnait tantôt pour moribond, tantôt pour convalescent, allait contre toute attente déjouer tous les pronostics.
Il a du coup démontré que les fluctuations des cours de l´or noir ne reposaient pas uniquement sur la classique équation de l´offre et de la demande. Les stocks de pétrole américain, qui se sont enrichis de quelque 600.000 barils selon le rapport du département américain à l´Energie, une hausse jugée peu significative par les spécialistes, ne doivent pas faire cependant perdre de vue que les cuves américaines débordent d´or noir en établissant un record jamais revu depuis le mois de septembre 1990.
Quels sont donc alors ces fameux facteurs qui ont poussé les prix du pétrole à la hausse? Il y aurait d´abord une amorce de reprise de l´économie mondiale sur laquelle tablent de nombreux investisseurs. «Les prix du pétrole ont grimpé cette semaine, sur la base de bribes d´informations suggérant que la crise économique avait atteint le creux de la vague et que la reprise n´est pas loin», ont confié les analystes du cabinet viennois JBC Energy. Il faut souligner par ailleurs que la décision prise par la Banque européenne, dans le sillage de ses homologues britannique et américaine, d´envisager de racheter 60 milliards d´euros d´obligations sécurisées, est perçue comme une initiative qui vise à redynamiser l´économie de la planète. Une mesure qui a eu pour effet d´affaiblir la devise américaine par rapport à sa rivale européenne, l´euro. «Si le marché de l´énergie ne se préoccupait que de l´offre et de la demande, il serait en baisse importante», a fait remarquer l´analyste Phil Flynn de la maison de courtage Alaron Trading qui a tenu à préciser que «le marché a fixé son attention sur les perspectives d´une reprise de l´économie mondiale bien plus rapide que l´on pensait, avec en toile de fond des politiques inflationnistes menées par les banques centrales».
Tornbjorn du cabinet DnB se montre quant à lui moins optimiste à l´instar d´autres analystes qui ne voient dans cette percée des cours de l´or noir qu´un feu de paille. Il s´attend à un plongeon du prix du baril en dessous des 50 dollars «avant que le marché puisse tenir debout sur ses propres jambes», a t il ajouté. L´économie algérienne après l´annonce de la baisse de sa facture d´importation de la poudre de lait pour l´année 2009, estimée à 400 millions de dollars, et celle de cette légère embellie du prix du baril de pétrole ne fera pas la fine bouche.
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