LE ROMAN CRÉMATORIUM DE WACINY LAÂREDJ
La version en langue française est prévue en 2010
L´écrivain algérien Waciny Laâredj s´attelle actuellement à la traduction en langue française de son dernier roman, Crématorium: sonate pour les fantômes de Jérusalem, publié en septembre dernier, simultanément à Alger et Beyrouth et lauréat du prix du Livre d´Or au dernier Sila 2008. Avec la complicité de Marcel Bois, un linguiste très connu pour ses traductions des romans de Benhadouga et Tahar Ouattar, Waciny Laâredj a entrepris depuis des mois la traduction de Crématorium. La version originale a été favorablement accueillie par les lecteurs et la critique arabes. La version française sera publiée aux éditions ´´Actes Sud´´.
L´auteur a expliqué, dans un entretien paru dans la dernière livraison de Kalila, une revue éditée par le Centre culturel algérien de Paris, que son roman traite de la question palestinienne. ´´C´est surtout une partition musicale avec un personnage qui nous ressemble tous. May est une artiste peintre palestinienne qui a quitté dans des conditions dramatiques Jérusalem en 1948. A la fin de sa vie, elle est tentée par le retour au pays. Cinquante ans d´absence, d´exil forcé et autant d´années pour forger une renommée internationale dans la musique´´, explique-t-il. ´´C´est Juba, son unique fils, qui continue jusqu´à la fin du roman à exécuter ses beaux morceaux de musique sur son piano, à raconter les derniers souvenirs de May, tout en les mêlant parfois aux événements présents ou aux souvenirs de May depuis 1948. Une continuité à travers l´art, comme si la mort, en fin de compte, n´existait plus´´, a-t-il ajouté. Waciny Laâredj ajoute: ´´Je voulais, dans ce roman, toucher le Palestinien par le truchement de son humanité et non pas par le discours politique dominant, triomphaliste soit-il. Dire qu´il s´agit juste d´un être qui ne demandait pas plus que les autres: le droit à l´existence, à la liberté et au bonheur´´. May, qui a fini de buter contre les murs de la solitude, inculque à Juba, malgré sa profonde détresse, l´art de s´ouvrir à une conversion vers l´homme, c´est-à-dire ce dialogue positif, et l´art musical est le meilleur moyen pour y arriver. Je comprends très bien pourquoi un critique a dit à propos de ce roman: Crématorium se lit comme un poème et s´écoute comme une partition musicale´´. Le romancier algérien a précisé que la traduction de ce roman n´est pas chose aisée. ´´Marcel Bois et moi-même sommes en plein chantier depuis des mois. Un travail dur, historiquement compliqué, des noms, des lieux et des événements qu´il faut vérifier à la loupe pour avoir une traduction digne de ce nom´´, a-t-il précisé. Le manuscrit sera remis en septembre à l´éditeur. Sa sortie est prévue en 2010.
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