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Pax algeriana

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Rien ne se perd. Rien ne se crée. Tout se transforme. Est-on tenté de façon lapidaire de résumer, aujourd´hui, l´alchimie politique de la concorde civile et ses effets, deux ans après.
La paix n´a pas été totalement rétablie. Mais elle n´a pas été, non plus, un mirage comme ont voulu le faire accroire d´irréductibles opposants au projet. Et encore moins une victoire à la Pyrrhus de Bouteflika sur un terrorisme... moribond.
Le premier effet majeur de la concorde a été de réduire le mal, tout le mal - à défaut de le circonscrire - qui rongeait, depuis dix ans, la société algérienne, même s´il arrive encore de nos jours que des Algériens trouvent la mort du fait de quelques desperados islamistes.
La concorde n´a été ni un leurre ni encore moins une immense escroquerie.
Si le nombre de victimes du terrorisme a beaucoup régressé, cela n´est-il pas dû au fait que l´option de la violence armée pour accaparer le pouvoir ne séduit plus, aujourd´hui, beaucoup de monde en Algérie?
Pourquoi meurt-on en 2002 beaucoup moins de terrorisme en Algérie?
Sur un effectif de 8000 hommes armés engagés dans le Gspc, le GIA ou l´AIS, on n´en compte plus aujourd´hui que 2000 environ. Mais toujours capables du pire parce que générant de grandes capacités de nuisance.
6000 hommes armés - les statistiques officielles n´ayant jamais été rendues publiques - ont accepté cette paix des braves, version 2000.
Ce sont d´abord les groupes de l´AIS, bras armé du FIS, qui ont renoncé ainsi au choix initialement décrété par leurs chefs, au lendemain de l´interruption du processus électoral, de croire chasser un pouvoir décrié par le seul recours aux armes.
Ensuite, quelques dizaines d´éléments du Gspc de Hattab et du GIA de Zouabri, las certainement de la vie spartiate des maquis, ont choisi, eux aussi, de renoncer à leur devise sacrée de «Alaïha nahia, alaïha namout».
En termes militaires, la concorde civile a permis, qu´on le veuille ou non, de réduire les effectifs militaires de la rébellion de près de 70%. C´est là que réside d´abord le mérite de la concorde parce qu´elle procure à l´Algérie un énorme gain aussi bien dans ses efforts multiformes que dans la mobilisation de ses ressources pour juguler un effroyable soulèvement populaire qui a, sans cesse, attisé la haine du pouvoir en place, au lendemain des législatives avortées de décembre 1991.
En dix ans de guerre civile, la concorde civile a été la seule initiative politique payante, surtout lorsque l´on sait que le choix d´accorder ou non le pardon aux terroristes n´a pas été facile dans un pays ravagé par la haine et où l´on ne comptait pas moins de 1000000 de familles victimes du terrorisme!
Dieu, que les barrières psychologiques sont dures à tomber!
Sous le tournis de la violence, le verbe PARDONNER a fini par sauter du vocabulaire politique algérien. L´instinct irrépressible de la vengeance, qu´induit inévitablement toute guerre, a failli enrayer la belle mécanique de la concorde n´eût été l´implication dans cette bataille d´un vrai peace maker, un grand dirigeant politique, pour faire admettre, convaincre et rallier son peuple à l´idée d´un choix douloureux qu´une frange de la classe politique qualifiera vite de haute trahison. Bouteflika a réussi, avec la concorde, le vrai challenge de sa vie. Ne reconnaît-on pas un grand homme d´Etat à sa capacité de gérer une crise politique majeure? Soumis à référendum, son projet de concorde obtient un score écrasant en faveur de la paix. Un vrai plébiscite politique pour le nouveau Président algérien qui a réussi à convaincre ses compatriotes de ne pas insulter l´avenir. Dès lors que le peuple a accordé à Bouteflika un oui franc et massif, il ne restait qu´à convaincre les groupes islamistes au maquis de rallier le camp de la paix et de... tourner la page.
En Algérie, la concorde a abouti à conforter une cohésion nationale mise à mal par l´effusion de sang et une crise politique attisée par la surenchère des partis.
Sur le plan international, les Etats ne regardent plus l´Algérie en pays pestiféré où les droits de l´Homme y sont bafoués. La concorde a été la plus belle illustration infligée par l´Algérie à tous ceux qui l´accusaient de massacrer des islamistes. Elle a surtout montré la volonté du nouveau politique algérien d´explorer toutes les voies de la paix et de s´y employer pour la restaurer, coûte que coûte, dans un climat de réconciliation et de fraternité retrouvée.
Après les attentats du 11 septembre, le combat de l´Algérie contre le terrorisme a permis de rallier à ses côtés la planète entière. Dieu est un merveilleux metteur en scène.
N´est terroriste aujourd´hui que celui qui refuse le pardon.

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