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Les apparences sont sauves

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Hier matin, le rideau est tombé sur l´élection d´un nouveau président au perchoir de l´Assemblée populaire nationale. Ce sera donc Ammar Saïdani, 54 ans, député d´El Oued, qui a été élu avec 248 voix sur les 336 exprimées. De mémoire d´Algérien, et mis à part le début de l´indépendance, c´est bien la première fois que ce poste de président de l´APN a donné lieu à une telle empoignade, tant les candidats déclarés ne faisaient pas l´unanimité. Dès le départ, la logique voulait que le successeur de Karim Younès soit issu des rangs du parti majoritaire, mais les divisions du FLN, depuis l´été 2003 entre pro-Benflis et redresseurs ont laissé des traces, et l´unanimité de façade a volé en éclats. La fausse candidature de Bouguerra Soltani a contribué à semer le doute, le président du MSP ayant fait valoir sa qualité de membre de l´alliance présidentielle pour postuler à être le troisième personnage de l´Etat. Mais il n´a pas apparemment été encouragé à continuer sur cette voie. C´est la raison pour laquelle c´est un islamiste rival du MRN, à savoir Djahid Younsi qui a joué les trouble-fête, en réussissant à recueillir 45 voix glanées dans les rangs de sa formation politique. Mais la contradiction est également venue des rangs mêmes du FLN, avec notamment la candidature d´Ahmed Mamouni (39 voix). Ce dernier devait pourtant savoir que les députés du RND et ceux du MSP allaient suivre la consigne de vote donnée par leur parti allant dans le sens d´un soutien en faveur de Saïdani, candidat du pouvoir, alliance présidentielle oblige. Abdelaziz Belkhadem peut donc s´estimer heureux. Il n´a pas prêché dans le désert. Et son autorité n´aura pas été remise en doute, à la veille de la tenue du 8e congrès du FLN, dont il préside la commission de préparation. Charbonnier est maître chez lui. Dixit donc le camouflet. Après cette bataille pour le perchoir, le ministre d´Etat, ministre des Affaires étrangères va pouvoir se consacrer à son sport favori : s´occuper des affaires intérieures du FLN, réinvestir le siège de ce parti, et se dire : «Ouf ! J´ai bien rempli la mission pour laquelle j´ai été désigné». Quant à Ammar Saïdani, il répond certainement au profil pour lequel il a été choisi. Une fidélité sans faille au président de la République dont il a dirigé les comités de soutien, et en plus, il est plutôt du Sud-Ouest. Les apparences sont sauves. L´équilibre régional aussi.

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